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aux sources: Alexis Boutros, ALBA, le défi culturel |
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Le fabuleux itinéraire
d'Alexis Boutros, d'après l'ouvrage de Denise Ammoun
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Alexis Boutros est né
à Beyrouth en 1911, à l’époque révolue où
la ville connaissait la douceur de la paix et la sérénité
de l’entente. Son penchant pour la musique est nourri par sa mère,
mélomane affirmée. Il apprend à jouer du piano et du
violoncelle et s’intéresse à tout ce qui touche à l’art.
Le temps passe et Alexis Boutros grandit. Après avoir obtenu son baccalauréat,
il s’inscrit à l’Ecole française d’ingénieurs de Beyrouth
et obtient sans peine son diplôme, un diplôme qui lui permettra
de construire un avenir solide. Il reste cependant amoureux de la musique.
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Dans les années trente,
on assiste à une effervescence culturelle. Les conférences,
les concerts, les représentations théâtrales affluent.
Suite à l’initiative du père Chanteur, chancelier de la Faculté
française de médecine, se forme un orchestre symphonique visant
à récolter des fonds, dont Alexis Boutros devient le chef d’orchestre.
C’est ainsi que commence son histoire «officielle» avec la musique.
Quelques temps plus tard, Alexis décide de fonder un ensemble musical,
l’AMA (Association des Musiciens Amateurs) qui verra le jour le 4 octobre
1937. En 1939, Wadad El-Khoury, directrice de l’école Al-Ahliah offre
un local à l’AMA, dont l’activité débute sérieusement.
Ils donnent des concerts, forment un chœur, leur succès est indéniable.
Sa passion pour la musique, Alexis Boutros la communique à tous ceux
qui ont l’honneur de le rencontrer, ou d’entendre jouer son orchestre. Il
instaure des cours gratuits d’enseignement musical et projette déjà
de créer une véritable école d’art. Il se met en contact
avec des personnes aptes à enseigner la peinture et l’architecture.
Encouragé par le président Alfred Naccache, qui semble favorable
à l’idée de fonder une école d’art, Alexis Boutros
devient de plus en plus déterminé. Il rêve que son projet
saura unir les jeunes libanais et flatter leurs ambitions. C’est ainsi que
naît l’ALBA.
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Ce n’est encore qu’un embryon,
mais sous la protection d’Alexis Boutros, de ses amis et collaborateurs,
cet embryon saura grandir et se transformer en une véritable académie
où il fait bon apprendre. Tout au long de son parcours, la chance
semble sourire à Alexis Boutros, les circonstances concordent pour
l’aider à accomplir sa mission: promouvoir l’unité du Liban,
son indépendance, ainsi que son développement. C’est donc le
7 novembre 1943, sept ans seulement après la fondation de l’AMA, que
l’Ecole d’architecture de l’ALBA voit le jour. Le lendemain a lieu la leçon
inaugurale, donnée par Michel Ecochard, célèbre urbaniste.
Le jour même, les députés libanais réunis Place
de l’Etoile amendent la constitution et abrogent tous les articles se référant
au mandat. Le Liban a conquis son indépendance. On aurait dit que l’histoire
de cet homme magnifique de volonté, splendide d’ambition, débordant
d’amour pour son pays que fut Alexis Boutros suivait le cours de l’histoire
de son cher Liban. Trois ans plus tard, le président de l’ALBA ouvre
un atelier d’art graphique, puis de sculpture et un an plus tard d’art dramatique.
En 1948 leur succèdent la création d’une école d’art
chorégraphique et de lettres, puis en 1949 une école de sciences
politiques et économiques et en 1953 une école de droit. Comme
le Liban de cette époque, l’Alba évolue à pas de géant.
Ne dit-on pas que le beau temps vient après la pluie? L’inverse
n’en est pas moins vrai. En 1959, Alexis Boutros renonce à donner ses
concerts légendaires qui faisaient la fierté et la célébrité
du Liban dans le monde musical (il aura donné 99 concerts en tout
à son initiative personnelle, renonçant au 100ème sans
que personne n’ait jamais su pourquoi.) Mais cela ne l’empêche pas de
continuer le chemin qu’il a entamé plus de vingt ans plus tôt:
développer, perfectionner et préserver l’intégrité
de l’ALBA. Une académie digne de ce nom et digne de la responsabilité
qui lui est assignée, celle de former la jeunesse, le futur du Liban.
Alexis Boutros a sans cesse œuvré pour son pays, patriote au plus haut
degré, amoureux de la musique et de l’art, il a voulu faire de l’Alba
un moteur du développement du Liban, de la formation et de l’unification
de ses enfants. Il est et restera un modèle, un idéal, un homme
qui a su aller au bout de ses ambitions et tisser la réalité
qu’il entrevoyait dans ses rêves, ceux d’un Liban plus beau, plus uni,
plus juste. Des rêves d’un pays civilisé où l’art,
la littérature, et la philosophie auraient leur place.
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[ Marilyne Zakhour, Architecture
1 ]
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| couverture
de l'ouvrage |
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