L’amphithéâtre
de l’Alba accueillait les 29 et trente avril derniers deux architectes urbanistes
de talent : Michel Corajoud, spécialisé dans un paysagisme
à dimension humaine et Ariella Masboungi, qui travaille à l’humanisation
des espaces publics. Ces deux personnalités ont captivé leur
auditoire par des exposés empreints de leur expérience professionnelle
et marqués par leur vision du métier d’urbaniste.
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Michel Corajoud, projets
et réalisations
Michel Corajoud a débuté sa carrière, après
avoir étudié à l’école des Arts Décoratifs,
en travaillant chez Bernard Rousseau, ancien collaborateur de Le Corbusier.
Il entre ensuite dans le domaine du paysagisme, en collaborant avec Jacques
Simon. Il enseigne aussi à l’école d’horticulture de Versailles.
Par la suite, il s’associe avec Claire Corajoud, son épouse, diplômée
de l’Ecole Nationale Supérieure d’Horticulture. «Elle m’aide
à traverser les échelles» dit-il en parlant de la réussite
de leur collaboration. L’une des principales réussites de l’«Atelier
Corajoud» est le parc de Sausset, projet que Claire Corajoud a remporté
sur concours.
Michel Corajoud fut le premier paysagiste à obtenir le Grand Prix
d’Urbanisme pour son travail sur les jardins publics à échelle
humaine et leurs rapports les plus minutieux à la ville. Parmi les
projets de l’« Atelier Corajoud », nous pouvons aussi citer l’Avenue
d’Italie à Paris, les quais de la rive gauche de Bordeaux, le parc
de Gerland à Lyon. Il a également participé en 1992
au concours pour le réaménagement de la Forêt des Pins
à Beyrouth. Michel Corajoud a écrit plusieurs ouvrages, dont
«Les neuf conduites du projet», où il explicite sa méthode
de travail qui s’applique à tous les projets d’architecture et d’urbanisme.
Ses idées phares
Dans ses projets, l’«Atelier Corajoud» met l’accent sur l’humanisme
qui consiste à intégrer le jardin dans le quotidien des gens
et dans leur culture, mais aussi sur l’amour de la nature travaillée
- allusion nostalgique au travail du paysan. Son étude se concentre
aussi sur la recherche de l’harmonie et de l’interaction entre la nature
et la ville urbaine, ce qu’il appelle la "suburbanité". L’importance
accordée aux mouvements du site, à la direction du vent
et à l’orientation joue, selon lui, un grand rôle dans la conception
du projet. Une autre idée intéressante est la notion d’horizon,
qui tient compte des perspectives et des limites définissant l’espace.
Michel Corajoud exerce le paysagisme en lui donnant du sens ainsi qu’une
forte connexion à son environnement. C’est un homme qui a choisi d’être
conservateur pour rattacher, de manière subtile, le présent
aux héritages du passé. Le travail de l’ «Atelier Corajoud»
fait preuve de conscience et de vision, au-delà de la ville. Michel
Corajoud pense que moins l’intervention est importante, plus elle est réussie
: «il faut transformer l’espace au lieu de le changer».
Ariella Masboungi, projets et réalisations
Architecte urbaniste d’origine libanaise, Ariella Masboungi est chargée
de mission auprès du Directeur Général de l’Urbanisme,
de l’Habitat et de la Construction pour le projet urbain. Elle étudie
l’évolution des villes nouvelles en Europe, plus particulièrement
la capitalisation de la ressource de ces villes qui ont l’ambition de devenir
des pôles d’attraction et non de simples villes de banlieue.
Son travail ne s’arrête pas là, Elle est présidente
de l’Ecole d’Architecture de la Ville et des Territoires de Marne-la-Vallée.
Ariella Masboungi a conçu et animé les « Ateliers Projet
Urbain » qui traitent, sur le terrain, de thèmes relatifs aux
villes de Bilbao, Gênes, Rome, etc, ayant fait l’objet de plusieurs
publications sous sa direction. Sans oublier « l’Atelier d’Eté
» de Cergy-Pontoise, qu’elle anime, et qui recrute des étudiants
du monde entier, parmi lesquels chaque année deux étudiants
de l’ALBA. Un projet qui lui tient à cœur : « les étudiants
de l’ALBA s’intègrent facilement aux étudiants de différentes
nationalités et même arrivent à diriger tout un groupe
durant l’organisation et l’analyse des sujets proposés ».
SSes idées phares
Penser la ville par le paysage, la lumière
et l’art contemporain, telle est l’idée développée par
Ariella Masboungi qui affirme que « la lumière devient
un élément de principe d’expression architectural dans l’urbain».
Selon elle, la lumière représente le visage d’une ville, elle
sécurise le lieu et lui donne un aspect attrayant. Cas d’école,
le port de Saint-Nazaire qui a été subtilement réhabilité
par la lumière. Masboungi va même jusqu'à penser que
la lumière structure l’architecture et remplace le bâti par une
enveloppe légère qui lui donne un attrait insoupçonnable
la nuit. Pour Masboungi, les grandes réalisations des villes européennes
sont réussies quand elles ont la capacité de relier les espaces
et non de les fragmenter.
Sa préoccupation première n’est pas la ville en elle-même,
mais l’espace public et les relations sociales qui y existent. Exemple,
le Musée de Bilbao : son réaménagement a amélioré
la situation désespérante de cette ville sans reconnaissance
internationale. D’autres villes connaîtront dans l’avenir des aménagements
similaires : Barcelone, Birmingham...
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«Il faut transformer
l’espace au lieu de le changer. »
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[ Joana Jurdi, Archi 4 et Jehanne
Zeidan, Archi 4 ]
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Michel Corajoud
détaille son parcours et sa vision d’urbaniste
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Ariella Masboungi
commentant son travail d’urbaniste
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