C’est un phénomène
qui a commencé par des dessins, presque des livres, sortes de magazines
améliorés, dans lesquels on a inséré ce qu’on
appelle la «Jap Animation»: une mise en espace réussie
d’une base de dessin hyper solide. Une fois devenues des succès,
ces histoires sont passées au petit écran sous forme de séries
télé pour évoluer vers le film, le jeu vidéo
et les produits dérivés. Et c’est ainsi qu’est né ce
qui est devenu aujourd’hui un culte: les Mangas. Depuis, ils ont acquis
leurs lettres de noblesse et ont su se faire une place de choix au sein
de notre culture. Et ce n’est pas un hasard si un Manga (« Innocence
«du japonais Oshii) a fait partie de la sélection officielle
du dernier Festival de Cannes.
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Les premiers pas des mangas
Les mangas-animés existent
depuis bien longtemps et nous ont bercé depuis notre plus tendre
enfance. Vous vous souvenez sûrement de «Candie, Candie»,
«Saint Seiya: les Chevaliers du Zodiaque», «Belle et Sébastien»,
«Ranma ½», «Dragon Ball», «Goldorak»
(ou pour nous Libanais «Grendayzer»), pour ne citer que quelques-uns.
Comment cela a-t-il débuté? Et bien, avec un visionnaire
du nom d’Osamu Tezuka , qui, après ses études en médecine,
a voulu faire des dessins animés et des bandes dessinées
pour les enfants japonais issus de la seconde guerre mondiale. Son point
de vue était de faire du dessin animé pour les japonais,
par des japonais. Mais les sujets qu’il adoptait dans ses œuvres étaient
loin d’être typiquement japonais. Ils transcendaient les barrières
des cultures, des pays et des langues, d’où l’immense popularité
dont jouit la «Jap Animation» cette dernière décennie,
ainsi qu’au début de ce nouveau siècle.
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Les secrets du succès
Qu'est-ce qui fait que, tout adultes que
nous sommes, les mangas nous attirent toujours? Est-ce la nostalgie de
l'enfance, ou est-ce simplement une fantaisie? Sans doute les deux à
la fois. On retrouve, pour les ados entre douze et dix-huit ans, deux types
de mangas: les "Shonnen" pour les garçons, et les "Shoujo" pour
les filles, apparus plus récemment. Exclusivement dessinés
par des femmes, ils leur sont aussi uniquement destinés, comme par
exemple la série "Candie" ou "Lady Oscar" qui se déroule en
pleine Révolution Française et qui peint l’histoire d’Oscar
de Geargeais, une femme élevée comme un homme par son père
pour entrer dans l’armée du roi de France. Et, comme tout manga qui
se respecte, la fin n’est pas "tout est bien qui finit bien"...
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Un manga Shonnen : les
Chevaliers du Zodiaque
Dans les mangas Shonnen ou Shoujo, on retrouve
toujours certaines valeurs. Parmi les mangas Shonnen, est-il encore besoin
de présenter "Saint Seiya: Les Chevaliers du Zodiaque"? La série
mythique qui a bercé notre enfance et qui revient en force vingt
ans plus tard avec l’adaptation de la dernière partie du manga: «Hadès».
Toutes les cultures et toutes les religions se mélangent dans cette
œuvre marquante. Toutes les philosophies se confrontent sous les ailes
des étoiles du zodiaque qui protègent leurs chevaliers. Le
terme « Saint », utilisé dans le titre original, veut
souligner l’ancienne définition du terme "combattant au service
du bien". Les protagonistes sont confrontés à des combats
atroces depuis leur plus tendre jeunesse. Ils n’ont pas joui de l’innocence
de l'enfance et ont dû vivre seuls, séparés, orphelins,
et dans des climats difficiles. Ils s’entraînaient pour obtenir le
contrôle de leur esprit sur la matière et pour gagner le droit
d’endosser l’armure de la constellation qui les protègerait.
Dans cette série, chaque personnage a des caractéristiques,
une symbolique. Les chevaliers sont cinq, unis comme les doigts de la main.
Il doit y avoir immanquablement, parmi eux, le solitaire (Ikki) que l’on
voit peu mais qui aime bien aider ses amis parce que l'amitié est
plus forte que tout ; la tête pensante (Seiyar), un personnage
pas très intelligent mais que tout le monde suit parce qu'il fonce.
Il faut savoir que les mangas-animés chamboulent volontairement
le système des archétypes. Les masques peuvent changer. Ainsi,
ton ennemi peut devenir ton meilleur ami ou encore s’avérer être
un membre de ta famille. Les situations aussi sont souvent bouleversées,
et notre première impression peut être démentie au
fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire.
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Les mangas, une initiation
pour les plus jeunes
Le manga a aussi un rôle libérateur
pour la jeune génération: Il aide les enfants à se
construire à travers le jeu habile autour de la double personnalité,
des supers-pouvoirs et dans le fait d'exorciser un tas de situations auxquelles
les plus jeunes ne feraient pas face d'habitude. Les Pokémon, par
exemple, sont des monstres à la fois très gentils et très
méchants, et c'est ça justement que les enfants adorent :
ce passage rapide du monstrueux au très doux… Dans Pokémon
ou Dragonball, on retrouve un schéma qui est toujours le même:
il y a le principe de tournoi, où tout commence pour le héros…
Au départ, il est toujours faible, on se moque presque de lui. Puis,
on assiste à toute une quête initiatique où il apprend
d'un côté les valeurs, et de l’autre à devenir fort.
Il va à la conquête de lui-même. Parce que, comme on dit
au Japon, "on n’obtient rien sans se battre". Il y a toute une évolution,
au bout de laquelle le héros prend, d'une certaine manière,
sa revanche sur les autres.
D'autre part, business et marketing obligent, il y a les cartes… Mais
ces dernières, à part leur aspect commercial, sont aussi un
facteur très important dans la construction et le développement
du caractère … Il faut les collectionner, passer d'une carte à
une autre, et tout ce rituel les place au-dessus du gain matériel.
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Les mangas, un art à
part entière
L'influence de l'esthétique manga
dans la société est devenue aujourd'hui un fait irrévocable.
A tous les niveaux, on retrouve une trace de cette culture anti-conventionnelle:
dans la mode, avec John Galliano (pour Dior), dans la musique, avec Daft
punk et leur clip d’inspiration manga, dans le cinéma avec Luc Besson
et son «Cinquième élément», dans «Kill
Bill» évidemment et dans «Matrix», lequel pourrait
être, dans le fond, une réflexion autour du manga transposée
à la sauce américaine…
S’inspirant de toutes les cultures du monde, les mangas et animés
japonais ont apporté de la richesse et une nouvelle perception de
l’art graphique ainsi qu’audio-visuel. Que l’on apprécie ou non les
mangas, ce style est indéniablement courageux. Il bouleverse les
esprits en leur faisant découvrir de nouvelles manières de
penser qui peuvent paraître très lointaines ou très
proches, c’est selon.
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«comme on dit au Japon,
on n’obtient rien sans se battre.»
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[ Marie-Christine Melhem,
Pub 3 - 2D/3D et Agnès Khorassandjian, Pub 1 ]
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City Hunter,
suite de “Angel Heart” par Tsukasa Hojo
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Princesse
Mononoké par Miyazaki Hayao
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Ranma ½
par Takahashi Rumiko
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Saint Seiya:
les chevaliers du zodiaque par Kurumada Masami
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