«City Center»:
complexe commercial situé sur le lot #987, secteur H, bloc 112
du Centre d’Affaires de Beyrouth. Face à la Place des Martyrs et
à l’Avenue Fouad Chehab, l’emplacement de ce vaste projet architectural
était - et demeure – stratégique. Retour sur ce que fut
le «City Center» à l’origine et exposé de ce
qu’il pourrait devenir dans le futur.
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Acte I, début des
années 70, la construction.
«City Center»: un titre ambitieux pour un projet commercial
qui se voulait le plus important et le plus moderne du Proche-Orient. Caractérisé
par son emplacement sur la façade Est du centre ville de Beyrouth,
ce programme architectural imposant reflétait la dynamique urbaine
d’alors. Mais son auteur, l’architecte et ingénieur Joseph Philippe
Karam, avait l’ambition d’aller plus loin : concevoir un projet qui serait
la vitrine de la capacité de l’architecture libanaise à
intégrer une ère de développement mondial rapide.
Le projet de Karam se divisait en trois ailes: 22500m2 de parking répartis
sur cinq sous-sols / trois étages reliés entre eux incluant
144 magasins, 1000m2 de supermarché, un cinéma de 900 places,
un restaurant et un snack bar / trois immeubles de bureaux respectivement
de 8,12 et 21 étages sur une surface totale de 13500m2.
Normes de sécurité, normes anti-sismiques…tout dans le
City Center avait été pensé avec une technicité
très avancée jusque dans l’extrême rapidité
des ascenseurs (3,5 mètres parcourus par seconde). Au sein de ce
projet, le centre commercial devait devenir un passage obligé puisque
des escalators, des escaliers et des ascenseurs reliaient les sous-sols
au rez-de-chaussée. Comme l’affirmait Joseph Philippe Karam : «Par
tous les côtés on arrive et par tous les côtés
on sort, après être passé devant toutes sortes de
magasins». Cette notion de fluidité de la circulation était
primordiale dans la conception de ses espaces. Tout devait découler
de l’activité urbaine environnante, et l’intérieur du City
Center devait refléter l’extérieur.
Pourquoi cette forme arrondie pour la salle de cinéma? La loi
de l’époque interdisait toute construction sur la terrasse supérieure
d’un cinéma. De ce fait, Joseph Philippe Karam avait décidé
de faire reposer l’espace occupé par le cinéma sur des piles.
Karam voulait-il aussi lui donner un intérêt visuel? Peut-être,
si l’on considère que la forme extérieure ovoïde du cinéma
évoquait expressément son volume intérieur, conçu
pour une projection. Par cette forme inhabituelle, la salle de cinéma
est devenue l’image emblématique du City Center, surtout pour la
jeune génération, qui a tendance à en donner toutes
sortes d’interprétations: une coquille, une boule, un œuf…
Initialement, trois tours de bureaux devaient le surplomber. Malheureusement,
le chantier, interrompu par la guerre, n’a pas pu être achevé.
Seuls deux étages, le théâtre et l’une des tours ont
été construit et le programme fut délaissé
jusqu’aux années 90. On a même démoli la petite tour
qui avait survécu aux bombardements afin de construire un nouvel
édifice pour le Ministère des Finances, projet annulé
depuis.
Que reste-t-il aujourd’hui, trente ans après sa construction?
Une étrange forme ovoïde qui a réussit à échapper
tant aux évènements qu’aux bulldozers. Le projet de réhabilitation
proposé récemment par le cabinet de l’architecte Bernard
Khoury attend son acceptation pour que les travaux commencent…
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Acte 2, nouveau siècle,
nouveau millénaire, la réhabilitation.
«City Center» un même nom pour… une installation.
Le nouveau projet sur le site du City Center a été conçu
par l’architecte Bernard Khoury, que la compagnie Solidere a chargé
de «réanimer» le bâtiment existant en y faisant
des simples modifications. Il s’agit donc plutôt d’une réhabilitation
de l’existant jusqu'à ce que les fonctions de ce site soient déterminées
et qu’un nouveau projet voit le jour.
Cette intervention de Bernard Khoury comprendra diverses étapes
:
- la démolition des parties déjà endommagées
par la guerre, dont l’étage courant et la tour de bureaux.
- la restauration de la salle de cinéma au 2ème étage,
qui s’effectuera dans la partie arrière (détruite) de la
boule. Celle-ci sera enveloppée par un matériau industriel
avec un écran de verre qui s’offre a la ville. Ce volume rond enveloppé
d’échafaudages accentuera l’aspect intemporel et inachevé.
Cet effet donnera une impression générale de confusion, les
limites précises du volume se perdant dans la masse métallique.
- la relation entre le premier sous-sol qui était auparavant
un espace commercial et le rez-de-chaussée sera établie par
des canaux de lumière zénithale naturelle. Ce sera une façon
d’établir une communication entre l’espace public et les sous-sols.
- l’étage courant deviendra une place publique recouverte d’un
tapis d’époxy rouge.
En étudiant ce projet de réhabilitation du «City
Center», on peut faire deux constatations. D’une part, la polyvalence
des espaces offrira un potentiel pour des établissements culturels,
des évènements et des expositions, plus particulièrement
dans les pavillons de l’étage courant. Même la salle
de cinéma, de par ses modifications, pourra avoir des fonctions
polyvalentes. Elle pourra par exemple être utilisée comme
boîte de nuit ou bien à des fins commerciales. D’autre part,
l’importance donnée à la légèreté des
matériaux et à la technicité des éléments
ajoutés, tels que l’éclairage et la ventilation des espaces.
On pourrait donc résumer l’intervention future de Bernard Khoury
sur le «City Center» comme « un ajout minimal bien étudié
».
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«Légèreté
des matériaux et technicité des éléments ajoutés:
la réhabilitation sera un ajout minimal bien étudié.»
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[ Jehanne Zeidan et Joana Jurdi, Architecture
4 ]
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Le projet de
réhabilitation du City Center par Bernard Khoury
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Le projet
initial du City Center par Joseph Philip Karam
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QUI EST BERNARD
KHOURY?
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Né en
1968 à Beyrouth, Bernard Khoury obtient son diplôme d’architecte
en 1990 (Rhode Island School Of Design), suivi d’une maîtrise à
l’Université de Harvard en 1993, année où il débute
sa carrière solo.
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Il a déjà
exposé ses travaux dans plusieurs institutions académiques
renommées en Europe et aux Etats-Unis.
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En 2001, lui
est décerné le Prix Borromini par la municipalité
de Rome.
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Récemment,
B. Khoury a mené divers de projets de réhabilitation, essentiellement
à Berlin.
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Devenu un
architecte de réputation internationale, il est sollicité pour
des projets dans le monde entier, mais aussi et surtout au Liban et dans
les pays arabes. Difficile de le trouver dans son bureau ; toujours investi
dans son travail il voyage souvent surtout entre Beyrouth et New York.
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