Alain Vassoyan, sculpteur
et enseignant à l’Ecole des Arts Décoratifs de l’ALBA, a été
sélectionné parmi une centaine d’artistes internationaux pour
prendre part à une exposition artistique (du 16 janvier au 20 février)
sur le thème de la renaissance, au Musée Préfectoral
du Hyogo (Japon), dix ans après le tremblement de terre à Kobé.
De retour, il nous livre son témoignage.
C’est sur le vol Dubaï-Osaka que j’ai vécu mon premier dépaysement.
Etant le dernier à pénétrer dans l’avion, jamais je n’avais
vu autant de japonais ! La vision de tous ces yeux bridés fermés
avait quelque chose d’irréel qui annonçait déjà
un voyage très troublant… Une fois arrivé à Osaka, mon
intuition se révéla bien fondée : en guise de réponse
à une banale demande d’information dans la langue de Shakespeare, j’eu
droit à un interminable fou rire d’une jeune fille, puis à un
homme d’âge mûr qui tenta de m’expliquer dans un “anglo-nippon”
approximatif pendant près de 20 minutes comment faire pour rejoindre
Kobé. Si la courtoisie est omniprésente là-bas, le langage
des signes serait souvent nécessaire !
Ce n’est que le lendemain, de ma chambre d’hôtel, que j’ai pu constater
qu’il s’agissait d’une ville côtière, bordée de magnifiques
montagnes, aux ruelles étroites un peu comme un labyrinthe. Le 16 janvier,
jour de l’inauguration de l’exposition, j’ai enfin pu découvrir
l’accrochage de mon oeuvre quelques instants après la visite de “sa
majesté céleste”, l’empereur lui-même… J’ai vite constaté
que mon tableau retenait l’attention des visiteurs, hypnotisés par
la lumière en mouvement. Les journalistes eux-aussi étaient
tous intrigués par l’originalité et voulaient toujours en savoir
plus. Il me fallait donc expliquer sans cesse “Il s’agit d’une œuvre mêlant
langage plastique et langage informatique ; elle contient des diodes électroluminescentes,
appelées courament led, et je l’ai baptisée “Transmigration””.
Réalisée grâce au soutien de l’entreprise Debbas et de
l’ALBA, cette oeuvre hybride - à mi-chemin entre une sculpture, une
peinture et un film – donne à voir pendant deux minutes seize scènes
lumineuses successives en boucle.
Parmi mes plus fervents supporters, le Conservateur en chef du Musée,
M. Yukata Hayami me fit faire le lendemain le tour de la très prestigieuse
collection permanente. J’ai pu constater avec joie que j’exposais presque
au même titre que des artistes qui ont marqué à jamais
l’histoire du XXème siècle : Moore, Calder , Brancusi…de quoi
rêver… C’est ainsi que j’ai quitté le Japon au bout de six jours
- bien trop vite à mon goût - mais avec l’étrange sensation
d’une porte qui s’ouvre devant moi.
Alain Vassoyan
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Extraits de "Transmigration" par Alain Vassoyan
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Alain Vassoyan
et M. Yukata Hayami, conservateur du musee du Hyogo
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