Deux mois de stage dans l’une des
institutions les plus prestigieuses de Russie. A l’Académie
Répine des Beaux-Arts de Saint-Petersbourg, partenaire de
l’Ecole des Arts Plastiques de l’ALBA, Nabil et Maria ont
partagé le quotidien de ces jeunes artistes russes
dévoués au culte du travail académique.
Récit.
Nous sommes arrivés à Saint-Petersbourg le 8 avril. Trois
jours plus tard commençaient nos cours à
l’Académie Répine, une institution prestigieuse en Russie
fondée à Saint-Petersbourg, en 1757 par le comte Graf
Shuvalov. La situation était un peu bizarre étant
donné que personne ne parlait notre langue ! Les
étudiants étaient donc un peu distants avec nous.
Heureusement, l’un d’entre eux, un professeur de Moscou, parlait
français et nous a donc été d’une aide
précieuse pour traduire. Au fil des jours, l’ambiance s’est
réchauffée : on est passé du simple « salut
! » (« priviet ») au « comment çà
va ? » ( « kak dila ? »). Puis les uns et les autres
nous ont prodigué leur conseils de dessin. En fait, nous
étions un peu les enfants de la classe étant donné
que la moyenne d’âge de la classe était d’environ 35ans.
Enfin, de vraies amitiés se sont tissées et on a
même eu droit au bout de deux semaines de présence
à une photo de classe surprise tous ensemble!
Au cœur de
l’Académie
L’Académie Répine comprend différents
Départements : Peinture, Restauration de peintures, Peinture
Religieuse et Iconographie, Sculpture, Arts Graphiques. Sur le plan
pédagogique, la formation se fonde sur la pratique du dessin, la
reproduction des tableaux originaux et des moules de sculptures
antiques. Une fois parvenus à maîtriser ces techniques,
les étudiants peuvent entrer en cours de dessin / peinture avec
modèle vivant.
Pour être admis dans le Département de Peinture - le plus
important de l’université - les élèves doivent
d’abord réussir l’année préparatoire. En seconde
année, les élèves font des workshops
spécifiques qui diffèrent de la peinture en studio.
Chaque été, des travaux pratiques. (= peintures sur le
motif) viennent compléter l’enseignement annuel. Les
étudiants deviennent alors des artistes plus libres et plus
créatifs. En année de diplôme (Bac + 6), chacun a
droit à un studio personnel et l’Académie leur donne la
possibilité de faire une exposition temporaire de leurs œuvres
en cours d’année.
Le Département de Sculpture a formé des
générations de sculpteurs et les méthodes de
travail n’ont pas changé depuis 240 ans ! De la première
à la cinquième année, les étudiants y
travaillent tous les jours d’après modèle vivant,
à raison de 3 heures de sculpture et 3 heures de dessin. En fin
d’année, ils passent à quelque chose de plus pratique en
travaillant directement l’argile, le marbre, le granit, le bois ou le
métal. Quant au Département d’Histoire de l’Art, il est
considéré comme le plus important de la ville en
matière de connaissances théoriques sur l’art. Les
étudiants ont la chance de jouir d’une bibliothèque riche
de livres uniques datant de plusieurs siècles. Le
Département d’Architecture est la plus ancienne Ecole de Russie
dans ce domaine. L’enseignement conjugue cours individuels de dessin et
projet d’ingénieurs de sorte que les étudiants sortent en
étant à la fois des architectes et des artistes de
talent.
Mais la particularité principale de cette institution, c’est sa
classe de formation professionnelle, ouverte aux artistes
chevronnés - généralement des professeurs - qui
désirent se perfectionner dans leur technique. C’est dans cette
classe que nous avons été acueillis, Maria et moi. Tous
les jours, cours de dessin, puis cours de peinture avec modèle
vivant. On ne faisait que çà : dessiner, dessiner et
encore dessiner ! Mais nous apprenions toujours quelque chose de
nouveau tant leur approche du dessin est riche en connaissances
anatomiques. En fait, l’enseignement cible toujours la perfection.
A
l’Académie, le culte du travail
Il règne à l’Académie des Beaux-Arts un esprit de
travail incroyable. Tout le monde arrive dans l’atelier et se met
à travailler aussitôt, en silence. On pourrait presque
entendre le crissement des fusains s’écrasant sur le papier…
Pourtant, on pourrait reprocher à leur méthode
d’enseignement le fait que les jeunes artistes n’ont pas le choix dans
les options : si on veut devenir peintre par exemple, on fait de la
peinture, du dessin et rien d’autre. Il en va de même pour les
autres spécialisations. Et il nous est souvent arrivé,
Maria et moi, d’être les seuls à pouvoir discuter de
techniques plastiques aussi variées que le vitrail, la
mosaïque ou la gravure ! De ce point de vue, on peut dire que
l’enseignement très polyvalent de l’ALBA reste supérieur.
Saint-Petersbourg
au jour le jour
Lorsqu’on flâne dans Saint-Petersbourg, on rencontre des gens de
toutes nationalités : chinois, coréens, italiens,
allemands, arméniens, ukrainiens et des
…tchétchènes ! La majorité d’entre eux sont des
jeunes, beaucoup de couples se tenant par la main. A Saint-Petersourg,
on prend le métro mais on s’y fait arrêter pour avoir pris
une photo de la splendeur de sa décoration ! Les décors
du métro sont en marbre, en mosaïque ou encore ornés
de bas-reliefs. La population est toujours un peu pressée,
très ordonnée, souvent les écouteurs sur les
oreilles, silencieuse. Alors, inutile de cherche à entamer la
conversation puisque la majorité ne parle de toutes
façons que le russe ou bien quelques mots d’anglais mal
prononcé.
Au fur et à mesure que les jours passaient, nous sommes devenus
plus proches des étudiants, la majorité d’entre eux
étant logés comme nous dans le foyer de
l’Académie. Nous avons donc fait connaissance au cours des
veillées autour d’une bouteille de vodka. Au 8 mai 2005, nous
avons quitté l’Académie et cette superbe ville de
Saint-Pétersbourg le cœur lourd, sachant que nous laissions des
amis que, pour la plupart, nous ne reverrons plus. Mais que de
souvenirs inoubliables…
Nabil Makarem, AP 4
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vue
générale de l'académie
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| Maria et Nabil dans
l'atelier de peinture |
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l'atelier de lithographie
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