G : « Gemmayzé »
Un arbre centenaire survivant sur ce morceau
de terre à proximité du port et du centre ville, ce
quartier connu autrefois sous le nom d’« el Biara »
à cause de l’abondance de ses sources.Depuis, cet arbre n’a pas
seulement donné son nom mais aussi sa symbolique et son
historique à ce quartier, édifié entre 1850 et
1915. Au fil du temps, le « Gemmayzé » s’est
enraciné profondément dans le sol du quartier et dans son
âme, lui procurant une aura particulière. Si bien que les
habitants du quartier n’ont jamais cessé de lui témoigner
un attachement particulier, même durant les
événements. Gemmayzé a préservé son
authenticité jusqu'à aujourd’hui sans pour autant se
renfermer face aux changements et à l’extension de la ville.
Gemmayzé a deux façades : il s’ouvre au Centre-ville mais
possède aussi une façade maritime grâce à sa
proximité avec le port. De grandes avenues bouclent presque le
quartier sans pour autant le réduire. Gemmayzé comporte
une partie populaire et une partie bourgeoise, mais aujourd’hui, ces
appellations sont dépassées puisque l’aspect du quartier
a évolué depuis une dizaine d’années. D’autres
fonctions ont intégré le paysage : centres d’affaires,
banques, sociétés étrangères… En fait,
très flexible, Gemmayzé accueille des activités
particulièrement diverses, depuis le souk des menuisiers et la
compagnie de transport maritimes jusqu’aux boîtes de nuit et aux
galeries d’art.
E :
«Escalier Saint Nicolas »
Lieu de départ de notre
enquête, cet escalier constitue le fil d’Ariane de notre
enquête. L’histoire commence lorsque Pamela et moi
décidons de prendre un sentier étroit menant de
l’escalier vers un jardin : cette maison ancienne, avec son potager
fleuri semble nous inviter… Une porte s’ouvre et, quelques instants
plus tard, nous nous sommes retrouvées à
l’intérieur, émues par l’accueil chaleureux d’une dame et
par son empressement à nous raconter l’histoire du quartier.
« L’escalier , dit-elle, n’était durant la période
ottomane qu’un passage pour les chevaux puis les voitures. Il servait
aussi de raccourci et de refuge pour les hors-la-loi. Cette situation a
poussé les responsables, pendant le mandat français,
à bâtir un escalier de galets aux couleurs naturelles
formant des motifs d’animaux marins ». Mais l’escalier ne tardera
pas a changer. En 1960, il se pare de 250 marches. Aujourd’hui,
l’escalier s’affirme comme un espace public unique en son genre
à Beyrouth. Il est devenu un lieu social, culturel, touristique
au coeur de Gemmayzé puisqu’il abrite festivals, expositions et
foires. « L’escalier, habité par son passé, doit
aussi intégrer la vie contemporaine, traduction d’une
réalité vécue » commente Ziad Akl,
urbaniste, enseignant à l’ALBA et membre de l’A.D.G.
(Association pour le Développement de Gemmayzé). Enfin,
l’escalier Saint-Nicolas fait désormais l’objet d’une
étude d’aménagement avec la participation de l’A.D.G.,
des étudiants de l’ALBA (Section Design et Ecole d’Architecture)
et de la ville de Saint-Etienne.
M : «
Mémoire collective »
Mais un autre Gemmayzé surgit de
l’Antiquité romaine. «Gemmayzé était
à cette époque aussi résidentiel que commercial ;
les marchands y vendaient essentiellement du poisson et des
légumes » affirme un vieil habitant. « La rue
Gouraud, c’était à l’origine la voie romaine qui menait
vers Jounieh et des vestiges en témoignent comme les
dernières découvertes lors d’excavations récentes
: des tombeaux, des poteries, même des canaux qui datent du
IIIème et du Vème siècle ap. J.C.».
M : «
Mutation »
Gemmayzé attire les jeunes, les
vieux, les familles, les intellectuels et les artistes. Tous
contribuent à son dynamisme. Depuis quelques années, on
assiste ainsi à un retour en force de la vie nocturne. Pour nous
étudiants, c’est à la fois une grande famille et un lieu
sécurisant, intime.Une famille française
rencontrée au Café Gemmayzé commente : « On
se sent chez nous ici ; Gemmayzé a su trouver sa place entre
l’historique et le moderne tandis que d’autres quartiers se sont
laissés aller au chaos de la modernité ».
A : «
A.D.G. : Association de Développement de Gémmayzé
»
Anciennement le C.D.G. (Comité du
Développement de Gemmayzé).Au commencement de la guerre,
les habitants ont décidé de chercher les moyens pour
empêcher le déplacement de population : réparation
des lignes téléphoniques et des infrastructures
sanitaires, récupération des poubelles… Ce qui les a
mené à fonder cette association en 1986. Celle-ci a
réussit à monter des projets d’aménagements
ambitieux et prévoyants a l’égard des résidents.
Aujourd’hui, l’A.D.G. travaille sur la protection du tissu urbain de
Gemmayzé, le renouvellement des façades, la dynamisation
de l’espace et la protection des vestiges historiques.
Y : «
M.Y ou Mme Y : personne indéterminée »
On trouve une entente
généreuse entre les habitants de Gemmayzé.
Même les nouveaux venus finissent par s’y sentir chez eux.
L’ambiance joyeuse et paisible de Gemmayzé s’impose
d’elle-même et tout le monde s’identifie à son aura. Le
Café Gemmayzé avec ses murs chargés d’histoire de
Gemmayzé et sa foule de consommateurs est le parfait exemple de
l’esprit du quartier.
Z : «
Zéphyr »
A Gemmayzé, en lisière du
centre ville, souffle un Zéphyr, comme si le vent doux de la mer
avait été emprisonné entre ces bâtiments.
Pour trouver la sortie du quartier, il s’amuse à répandre
dans l’espace le parfum d’un passé révolu mais toujours
présent sur les craquelures des façades.
E : «
Engagement »
Engagement : ce terme porte en lui tant de
volonté, de générosité et d’initiative. Il
s’accorde aux habitants du quartier sans exagération puisque
ceux-ci ont réussi à mener le combat vital de la
sauvegarde de Gemmayzé.
Jehanne Zeidan, Archi 5