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Juin 2005 / No.5
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Enquête : GEMMAYZE EN TOUTES LETTRES

G : « Gemmayzé »

Un arbre centenaire survivant sur ce morceau de terre à proximité du port et du centre ville, ce quartier connu autrefois sous le nom d’« el Biara » à cause de l’abondance de ses sources.Depuis, cet arbre n’a pas seulement donné son nom mais aussi sa symbolique et son historique à ce quartier, édifié entre 1850 et 1915. Au fil du temps, le « Gemmayzé » s’est enraciné profondément dans le sol du quartier et dans son âme, lui procurant une aura particulière. Si bien que les habitants du quartier n’ont jamais cessé de lui témoigner un attachement particulier, même durant les événements. Gemmayzé a préservé son authenticité jusqu'à aujourd’hui sans pour autant se renfermer face aux changements et à l’extension de la ville. Gemmayzé a deux façades : il s’ouvre au Centre-ville mais possède aussi une façade maritime grâce à sa proximité avec le port. De grandes avenues bouclent presque le quartier sans pour autant le réduire. Gemmayzé comporte une partie populaire et une partie bourgeoise, mais aujourd’hui, ces appellations sont dépassées puisque l’aspect du quartier a évolué depuis une dizaine d’années. D’autres fonctions ont intégré le paysage : centres d’affaires, banques, sociétés étrangères… En fait, très flexible, Gemmayzé accueille des activités particulièrement diverses, depuis le souk des menuisiers et la compagnie de transport maritimes jusqu’aux boîtes de nuit et aux galeries d’art.

E : «Escalier Saint Nicolas »

Lieu de départ de notre enquête, cet escalier constitue le fil d’Ariane de notre enquête. L’histoire commence lorsque Pamela et moi décidons de prendre un sentier étroit menant de l’escalier vers un jardin : cette maison ancienne, avec son potager fleuri semble nous inviter… Une porte s’ouvre et, quelques instants plus tard, nous nous sommes retrouvées à l’intérieur, émues par l’accueil chaleureux d’une dame et par son empressement à nous raconter l’histoire du quartier. « L’escalier , dit-elle, n’était durant la période ottomane qu’un passage pour les chevaux puis les voitures. Il servait aussi de raccourci et de refuge pour les hors-la-loi. Cette situation a poussé les responsables, pendant le mandat français, à bâtir un escalier de galets aux couleurs naturelles formant des motifs d’animaux marins ». Mais l’escalier ne tardera pas a changer. En 1960, il se pare de 250 marches. Aujourd’hui, l’escalier s’affirme comme un espace public unique en son genre à Beyrouth. Il est devenu un lieu social, culturel, touristique au coeur de Gemmayzé puisqu’il abrite festivals, expositions et foires. « L’escalier, habité par son passé, doit aussi intégrer la vie contemporaine, traduction d’une réalité vécue » commente Ziad Akl, urbaniste, enseignant à l’ALBA et membre de l’A.D.G. (Association pour le Développement de Gemmayzé). Enfin, l’escalier Saint-Nicolas fait désormais l’objet d’une étude d’aménagement avec la participation de l’A.D.G., des étudiants de l’ALBA (Section Design et Ecole d’Architecture) et de la ville de Saint-Etienne.

M : « Mémoire collective »

Mais un autre Gemmayzé surgit de l’Antiquité romaine. «Gemmayzé était à cette époque aussi résidentiel que commercial ; les marchands y vendaient essentiellement du poisson et des légumes » affirme un vieil habitant. « La rue Gouraud, c’était à l’origine la voie romaine qui menait vers Jounieh et des vestiges en témoignent comme les dernières découvertes lors d’excavations récentes : des tombeaux, des poteries, même des canaux qui datent du IIIème et du Vème siècle ap. J.C.».

M : « Mutation »

Gemmayzé attire les jeunes, les vieux, les familles, les intellectuels et les artistes. Tous contribuent à son dynamisme. Depuis quelques années, on assiste ainsi à un retour en force de la vie nocturne. Pour nous étudiants, c’est à la fois une grande famille et un lieu sécurisant, intime.Une famille française rencontrée au Café Gemmayzé commente : « On se sent chez nous ici ; Gemmayzé a su trouver sa place entre l’historique et le moderne tandis que d’autres quartiers se sont laissés aller au chaos de la modernité ».

A : « A.D.G. : Association de Développement de Gémmayzé »

Anciennement le C.D.G. (Comité du Développement de Gemmayzé).Au commencement de la guerre, les habitants ont décidé de chercher les moyens pour empêcher le déplacement de population : réparation des lignes téléphoniques et des infrastructures sanitaires, récupération des poubelles… Ce qui les a mené à fonder cette association en 1986. Celle-ci a réussit à monter des projets d’aménagements ambitieux et prévoyants a l’égard des résidents. Aujourd’hui, l’A.D.G. travaille sur la protection du tissu urbain de Gemmayzé, le renouvellement des façades, la dynamisation de l’espace et la protection des vestiges historiques.

Y : « M.Y ou Mme Y : personne indéterminée »

On trouve une entente généreuse entre les habitants de Gemmayzé. Même les nouveaux venus finissent par s’y sentir chez eux. L’ambiance joyeuse et paisible de Gemmayzé s’impose d’elle-même et tout le monde s’identifie à son aura. Le Café Gemmayzé avec ses murs chargés d’histoire de Gemmayzé et sa foule de consommateurs est le parfait exemple de l’esprit du quartier.

Z : « Zéphyr »

A Gemmayzé, en lisière du centre ville, souffle un Zéphyr, comme si le vent doux de la mer avait été emprisonné entre ces bâtiments. Pour trouver la sortie du quartier, il s’amuse à répandre dans l’espace le parfum d’un passé révolu mais toujours présent sur les craquelures des façades.

E : « Engagement »

Engagement : ce terme porte en lui tant de volonté, de générosité et d’initiative. Il s’accorde aux habitants du quartier sans exagération puisque ceux-ci ont réussi à mener le combat vital de la sauvegarde de Gemmayzé.

Jehanne Zeidan, Archi 5


J’ai decouvert le quartier Gemmayzé par accident : j’étais bloquée dans un embouteillage avec mon père qui me proposa de faire un détour dans la rue Gouraud. Bien sûr, nous l’avons traversée très rapidement mais l’image de ses façades m’est restée en tête si bien que je me revois avoir dit à mon père « c’est là que je veux vivre » !
Je ne sais pas vraiment ce qui m’a attirée à propos de Gemmayzé - l’architecture, les habitants, les cris d’enfants ou même l’air coloré et imprégné des odeurs de cuisine - mais je sais que ce quartier m’a captivée au point de mener cette enquête détaillée avec Jehanne pour assouvir ma cursiosité.
Paméla Khoury, AI 1







ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2005
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