Byblos, une ville
caractérisée par un patrimoine exceptionnel qui doit
être redécouvert, analysé, et valorisé. Son
héritage culturel et son tissu urbain ont fait l’objet d’une
étude, financée par la Banque Mondiale et menée
par l’Ecole d’Architecture de l’Université de Montréal.
Elle énumère les moyens nécessaires pour
préserver ce patrimoine et propose des opérations
ciblées dans le cadre d’un processus de développement
durable et équilibré. L’ALBA y est associée.
Cette étude globale de Byblos se
penche simultanément sur les zones archéologiques, les
anciens quartiers et les parties modernes de la ville. Dans un premier
temps, les équipes canadiennes d’architectes et d’urbanistes ont
réalisé une vaste campagne d’observation et de collecte
d’informations sur les différentes composantes du tissu de la
ville, qui font sa spécificité. Cette phase s’est
accompagnée d’un diagnostic énumérant les
différents problèmes affectant Byblos : malgré sa
grande valeur sur le plan archéologique et historique, cette
ville souffre en effet d’une grande léthargie, d’un
désordre et d’une saturation qui s’accompagnent d’une
césure très nette entre les parties historiques et
archéologiques qui sont figées et «
muséifiées », et les zones modernes qui souffrent
d’un manque total d’organisation, de problèmes d’infrastructure
et de circulation.
Dans un second temps, le projet a
préconisé des mesures et des interventions dans le but de
conserver et de revitaliser cet ensemble urbain. Plusieurs scenarii ont
été établis, qui ont consisté à
étudier l’accès à la ville depuis l’autoroute. La
tranchée de la voie romaine située en contrebas de cette
infrastructure routière a été restituée aux
piétons dans le cadre d’une promenade touristique. Par ailleurs,
le travail devra se concentrer sur l’assainissement et la
réhabilitation de l’axe du souk par la création d’une
placette et un réaménagement des voies et des trottoirs,
mais aussi par un bonne gestion des parkings et l’intégration
d’un mobilier urbain adéquat. La dernière phase du projet
devra consister à réhabiliter la route d’accès
vers le port, laquelle longe la muraille médiévale de
Byblos. D’autre part, des interventions ont été
proposées en vue de sortir la vieille ville de sa torpeur.
En parallèle, il faut signaler le
travail de Nada El-Khoury, doctorante à l’Université de
Montréal et ancienne étudiante en Architecture
d’Intérieur à l’ALBA. Ses recherches ont pour objectif de
restituer une image fiable du théâtre antique de Byblos.
Cette thèse, en cours de préparation et co-dirigée
par Georges Khayat*, se base sur une recherche et une collecte de
données avec l’assistance de l’archéologie virtuelle
basée sur les techniques numériques de pointe.
Durant l’année universitaire
2005-2006, les étudiants de l’Ecole d’Architecture de l’ALBA
seront appelés à se pencher à leur tour sur la
ville antique de Byblos : ils feront des travaux d’investigation et de
recherche sur les éléments constitutifs de la cité
antique, à savoir son tissu et ses « landmarks ».
Les thèmes de ce projet urbain seront traités dans le
cadre de travaux d’analyse et de conception.
André Trad, Ecole
d’Architecture
* Georges
Khayat est Vice-Doyen de l’Ecole d’Architecture de l’ALBA