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Juin 2005 / No.5
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Evénement: BAALBECK MILLESIME 05

Le 28 Juin prochain, les étudiants de 2ème année en Arts Décoratifs vont relever un défi impressionnant : représenter, le temps d’une soirée inoubliable, un opéra de la tétralogie de Richard Wagner, mais sous la forme d’un spectacle de marionnettes à fils…

L’Or du Rhin… C’est quoi ? C’est l’histoire de deux mondes en conflit : le Nibelheim, habité par les Nibellungen (des nains trapus et moches), et le Walhalla, habité par les dieux…Tout commence au fond du Rhin, lorsque Alberich, le chef des nains, surprend les gardiennes de l’or. Il essaye de les séduire, et quand elles le rejettent, il décide de voler l’or, renonçant ainsi à l’amour. En forgeant un anneau avec cet or, il pourra ainsi accéder au pouvoir absolu. Tandis qu’au Walhalla, Wotan, le Dieu des Dieux, refuse de payer les deux géants qui lui ont construit son grand palais. Il décide alors de descendre au Nibelheim pour voler l’anneau pour payer ses dettes… .

Des dieux, des géants, des nains et … nous ! Nous, avec nos outils et nos idées farfelues pour faire un spectacle gigantesque. Il faut dire que Wagner, célèbre pour avoir composé des musiques très « visuelles », ne nous a pas facilité la tâche et nos professeurs non plus. Mais bon… Comme toujours, il a fallu relever le défi ! Après avoir dépassé l’étape : « Nous, les marionnettes, c’est pas notre truc… », nous nous sommes mis au travail, un travail de groupe. Chacun a présenté la marionnette du personnage qu’il avait choisi, son concept de décors et sa proposition pour le volet graphique (affiche, invitation etc.). Il a ensuite fallu diviser les tâches pour la phase commune. Un travail très rigoureux à un rythme effréné mais, lorsqu’on pensait au moment où nous serions sur scène, saluant à la fin du spectacle, on se disait que ça valait vraiment la peine. Car, chaque année, le spectacle des 2ème année reste une expérience inoubliable.

Si j’osais, voici quelques conseils à nos amis de 1ère année lorsqu’ils vivront, à leur tour, l’expérience du spectacle : faites la tournée des magasins qui vendent des trucs bizarres ; ne vous disputez pas entre vous pour des choses bêtes ; imaginez des décors à priori irréalisables ; pensez à l’atelier comme si c’était votre seconde maison ; ne pensez pas au stress mais plutôt au jour du spectacle ; dites-vous que si les patrons vous crient dessus, c’est pour vous motiver et non vous sanctionner. Enfin, oubliez le mot « vacances », un terme qui commencera à vous sembler vague et dénué de sens…

Agnès Khorassandjian, Pub 2

site internet du projet

L’équipe enseignante du spectacle est composée de Joumana Youssevitch, Aurore Beaini, Pierre Hage Boutros, Raphaella Joreige, Catherine Ariss, Tania Baraké, Matthieu  Sfeir et Gregory Buchakjian.
 
Ils se cacheront, le soir du spectacle, derrière leurs marionnettes. A l’heure des préparatifs, faisons connaissance avec certains d’entre eux et écoutons leurs commentaires à chaud.

A. K. : que représente cette expérience pour vous?
Karl : au début, je ne me sentais pas très concerné ni très enthousiaste. Mais peu à peu, j’ai commencé à réaliser que c’était une expérience unique et que je devais la vivre à fond.
Tara : ce spectacle, c’est l’accomplissement des deux années d’études que nous avons passées à l’ALBA et une chance de sortir des projets habituels, de travailler en trois dimensions dans un cadre pas comme les autres.
Marylin : c’est une chance pour moi d’apprendre à travailler en groupe, de tenir des responsabilités et de me dépasser.
Fabienne : c’est une expérience unique où l’on apprend ce qu’est vraiment le travail de groupe.
Edgard : ce n’est pas une simple note, mais un spectacle qu’on doit gérer dans toute sa totalité.
Nicole : c’est un travail de groupe qui nous pousse à travailler en utilisant toutes nos capacités.
Noura : je trouve que c’est une chance extraordinaire de travailler sur un opéra de Wagner. C’est une expérience sublime, au niveau du travail et du divertissement collectif.
Giovanina : pour moi, c’est un enrichissement de l’esprit.


A. K. : Comment avez-vous choisi chacun votre personnage?
Elie (Wotan : Dieu des Dieux) : c’est le personnage qui m’a le plus inspiré, après avoir lu l’histoire.
Nicole (Loge : Dieu du Feu) : je l’ai trouvé intéressant. J’ai toujours eu envie de représenter un personnage malicieux.
Sinan (Loge) : tous les personnages me paraissaient intéressants, mais j’ai fait mon choix selon les idées que j’ai eues pour mon personnage au moment même…
Karl (Fasolt : géant) : je pensais que c’était le personnage le plus facile à représenter… Bien sûr, je me suis vite rendu compte que rien n’était facile !
Tara (Les filles du Rhin, gardiennes de l’or): la partie où mon personnage évoluait dans l’opéra m’a inspirée. L’harmonie de la musique m’emportait vraiment.
Marylin (Fafner : géant) : son entrée est spectaculaire et la musique y est puissante. J’ai toujours voulu construire quelque chose de géant…
Fabienne (les nains forgerons) : les nains représentaient un défi intéressant puisque c’est un groupe de personnages qu’il fallait représenter en une seule marionnette.
Rouba (Erda : Déesse de la terre) : par hasard !
Giovanina (Mime : Nain) : j’ai senti que c’était un personnage hors du commun… et donc j’ai voulu relever le défi de le représenter.


A. K. : Qu’est-ce que cela vous apporte sur le plan de la créativité? Et comment était-ce un défi technique?
Fiona : la maniabilité des marionnettes est primordiale, ce qui limite parfois le « délire ».
Edgard : la créativité de chacun doit pouvoir s’adapter à celle des autres et s’inscrire dans le domaine du réalisable sans uniquement se baser sur des idées conceptuelles. On doit pouvoir matérialiser nos concepts, ce qui représente le défi.
Elie : on a été obligés de créer un personnage en partant de zéro. Cela nous a permis de pousser notre créativité à l’extrême et de nous exprimer librement.
Nicole : le fait de construire un objet qu’on a en tête à base de l’imaginaire avait des difficultés qu’on a appris à dépasser au fur et à mesure.
Tara : le spectacle pousse notre créativité à bout puisqu’on crée un univers qui va des personnages aux décors. Il nous apprend à transformer les objets qui nous entourent au service de notre imagination, d’où des difficultés techniques pour donner aux marionnettes l’aspect d’un corps aussi bien articulé que le corps humain.
Marylin : la technique des marionnettes à fils m’était inconnue et donc c’était un vrai défi de pouvoir créer une marionnette et de savoir la manipuler.
Sinan : c’est une toute nouvelle expérience du point de vue de la créativité, en comparaison avec les autres projets qu’on fait durant l’année.
Rouba : c’est la première fois que je participe à un spectacle et j’ai voulu être le plus créative possible. N’ayant jamais fabriqué de marionnette auparavant, je me suis éclatée et j’ai presque contourné tous les problèmes techniques.
Fabienne : le défi était d’arriver à trouver le bon mécanisme et les articulations nécessaires, ainsi qu’un visuel original… c’est là où la créativité joue un rôle important.
Karl : on oublie par cette expérience le mot « impossible »…


A. K. : Qu’est-ce que ça vous apporte de travailler sur un projet commun?
Fiona : cela nous a tous rapprochés malgré quelques tensions occasionnelles mais prévisibles.
Edgard : les séances de « brainstorming » collectif ont permis de pousser les concepts à bout et d’enrichir certaines idées.
Nicole : l’échange d’idées a stimulé nos sens. On apprend de l’autre.
Karl : c’est la plus belle chose, le travail en groupe. On apprend à se comprendre et, surtout, à s’écouter.
Tara : çà m’aide à accepter les idées des autres et, surtout, çà me donne un aperçu sur le monde du travail, pour plus tard…
Marylin : s’habituer à travailler avec les autres et à prendre en considération leur avis nous permettra d’avoir un résultat à la hauteur du spectacle.
Rouba : j’apprends à écouter les autres, à intervenir s’il le faut, et à pouvoir adapter mes idées avec celles des autres.
Noura : le plus grand défi était au niveau de la communication entre les élèves, apprendre à partager nos idées sans nous arracher les cheveux.
Fabienne : beaucoup d’échanges, de fous rires, mais aussi de engueulades…
Sinan : faire évoluer l’esprit d’équipe et de coopération.
Giovanina : c’est un engagement vis-à-vis de 40 autres étudiants et des professeurs de l’ALBA.


A. K. : Quel est votre truc pour conjurer le trac ?
Karl : je me gratte le nez…
Tara : je pense à la plage, aux îles Maldives…
Marylin : j’essaye de rester optimiste.
Edgard : j’engage des batailles de polystyrène.
Elie : je me concentre sur le travail, j’oublie ce qu’il y a autour de moi…
Fabienne : j’ai des crises de fous rires !
Rouba : je mange des bonbons.
Noura : je chante, et, surtout, je reste optimiste.
Sinan : j’utilise l’énergie du trac pour améliorer mes performances.
Giovanina : grâce au travail collectif, le stress individuel devient un stress collectif, plus facile à combattre. On se soutient !!

Propos recueillis par Agnès Khorassandjian, Pub 2



Affiches du spectacle



ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2005
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