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Dans un corps à corps de sensations,
entre ville et mer, des scènes de la vie quotidienne
défilent. Une balustrade bleue file sous la main comme
le temps qui passe. En face, le regard se braque sur
l’horizon, cette illusion qui intriguait les aventuriers
autrefois. Depuis, la population libanaise a su faire de
son littoral un tremplin pour aller à la découverte de
l’autre malgré les incertitudes. Tel est le message de «
24 heures de la corniche de Beyrouth », le premier
documentaire réalisé par l’architecte Gebran Yacoub.
«C’est un
documentaire contemplatif sur la corniche de Beyrouth
qui vous fait sentir combien vous lui appartenez et
combien elle vous appartient. C’est la corniche comme
vous ne l’avez jamais vue ».
Ainsi résume Gebran Yacoub sa première réalisation, un
opus de 26 mn qui sortira prochainement sur le grand
écran en trois versions, francaise, anglaise et arabe.
Conçu comme une déambulation poétique, « 24 heures de la
Corniche de Beyrouth » constitue la première étape d’une
longue série qui s’attachera à répondre avec une note de
poésie à celui qui veut trouver une réponse aux
questions sur les lieux de vie qu’il fréquente au
quotidien.
La
corniche…la mer…les maisons de tuiles côtoyant les
rochers… la grotte aux pigeons et ses péripéties… la
grande roue… les plongeurs inspectant les mystères des
fonds marins… et puis le coucher de soleil qui vient
enflammer la fin de journée pour laisser place à une
soirée prometteuse. A Beyrouth, le littoral est au cœur
de la dynamique urbaine. Il reflète l’état de santé de
notre pays. Car s’il y a un lieu qui nous réunit, nous
les libanais, c’est bien le littoral qui a tracé notre
histoire depuis la nuit des temps. « Mon premier
documentaire « 24H de la Corniche de Beyrouth »
reflétera à la fois la chorégraphie géante si
caractéristique de la corniche de Beyrouth et la
géométrie de ses formes architecturales, explique
Gebran Yacoub. Il sera accompagné d’une musique
variant de l’exaltation à l’indolence pour relier passé
et présent dans un seul lieu ».
Une
déambulation poétique
Quelle est
la trâme de « 24 heures de la Corniche de Beyrouth » ?
Un homme jette une bouteille à la mer qui flotte le long
du rivage et, passant d'un lieu à un autre, nous fait
découvrir la célèbre corniche de Beyrouth durant 24
heures. La poésie de notre « croisette » à nous va peu à
peu se dévoiler au cours de cette errance. De la Marina
envahie par les Yachts aux cafés et aux hôtels pour
arriver à la grotte aux pigeons, plusieurs aspects de la
croisette se dessinent et changent de couleur au fur et
à mesure de la journée..
Ce
documentaire est en fait une succession d’images et de
sons ; la voix off n’intervient que ponctuellement pour
révéler, en contrepoint, l’essence poétique du lieu et
des gens qui le fréquentent. Les travellings
panoramiques et les plans-séquences restituent les
scènes de la corniche avec une fluidité cyclique. Bref,
le style de ce documentaire a été travaillé avec une
spontanéité étudiée en intégrant des éléments de la
réalité saisis sur le vif lors du tournage. Mêlant style
oriental et style occidental, la bande originale de
« 24 heures de la Corniche de Beyrouth », a été concue
spécialement pour le film dans l’objectif de transformer
le regard documentaire en une déambulation poétique.
Apres la
publication de son « Dictionnaire de l’architecture du
XXème siècle », qui fut le point de départ de son
court-métrage, Gebran Yacoub se frotte donc au 7ème art,
entouré d’une équipe libano-francaise de professionnels,
notamment Marc-Thomas Charley, réalisateur francais et
enseignant à l’IESAV. Gebran Yacoub révèle aujourd’hui
ses talents de réalisateur en attendant un premier
long-métrage, déjà en court de réalisation : « Beyrouth
Chapitre 8 ».
Jehanne
Zeidan, Archi 6 |