Novembre 2005 / No.6
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Avant-Première :  « 24 heures de la Corniche de Beyrouth »

Dans un corps à corps de sensations, entre ville et mer, des scènes de la vie quotidienne défilent. Une balustrade bleue file sous la main comme le temps qui passe. En face, le regard se braque sur l’horizon, cette illusion qui intriguait les aventuriers autrefois. Depuis, la population libanaise a su faire de son littoral un tremplin pour aller à la découverte de l’autre malgré les incertitudes. Tel est le message de « 24 heures de la corniche de Beyrouth », le premier documentaire réalisé par l’architecte Gebran Yacoub. 

«C’est un documentaire contemplatif sur la corniche de Beyrouth qui vous fait sentir combien vous lui appartenez et combien elle vous appartient. C’est la corniche comme vous ne l’avez jamais vue ». Ainsi résume Gebran Yacoub sa première réalisation, un opus de 26 mn qui sortira prochainement sur le grand écran en trois versions, francaise, anglaise et arabe. Conçu comme une déambulation poétique, « 24 heures de la Corniche de Beyrouth » constitue la première étape d’une longue série qui s’attachera à répondre avec une note de poésie à celui qui veut trouver une réponse aux questions sur les lieux de vie qu’il fréquente au quotidien.

La corniche…la mer…les maisons de tuiles côtoyant les rochers… la grotte aux pigeons et ses péripéties… la grande roue… les plongeurs inspectant les mystères des fonds marins… et puis le coucher de soleil qui vient enflammer la fin de journée pour laisser place à une soirée prometteuse. A Beyrouth, le littoral est au cœur de la dynamique urbaine. Il reflète l’état de santé de notre pays. Car s’il y a un lieu qui nous réunit, nous les libanais, c’est bien le littoral qui a tracé notre histoire depuis la nuit des temps. « Mon premier documentaire « 24H de la Corniche de Beyrouth » reflétera à la fois la chorégraphie géante si caractéristique de la corniche de Beyrouth et la géométrie de ses formes architecturales, explique Gebran Yacoub. Il sera accompagné d’une musique variant de l’exaltation à l’indolence pour relier passé et présent dans un seul lieu ».

Une déambulation poétique

Quelle est la trâme de « 24 heures de la Corniche de Beyrouth » ? Un homme jette une bouteille à la mer qui flotte le long du rivage et, passant d'un lieu à un autre, nous fait découvrir la célèbre corniche de Beyrouth durant 24 heures. La poésie de notre « croisette » à nous va peu à peu se dévoiler au cours de cette errance. De la Marina envahie par les Yachts aux cafés et aux hôtels pour arriver à la grotte aux pigeons, plusieurs aspects de la croisette se dessinent et changent de couleur au fur et à mesure de la journée..

Ce documentaire est en fait une succession d’images et de sons ; la voix off n’intervient que ponctuellement pour révéler, en contrepoint, l’essence poétique du lieu et des gens qui le fréquentent. Les travellings panoramiques et les plans-séquences restituent les scènes de la corniche avec une fluidité cyclique. Bref, le style de ce documentaire a été travaillé avec une spontanéité étudiée en intégrant des éléments de la réalité saisis sur le vif lors du tournage. Mêlant style oriental et style occidental, la bande originale de  « 24 heures de la Corniche de Beyrouth », a été concue spécialement pour le film dans l’objectif de transformer le regard documentaire en une déambulation poétique.

Apres la publication de son « Dictionnaire de l’architecture du XXème siècle », qui fut le point de départ  de son court-métrage, Gebran Yacoub se frotte donc au 7ème art, entouré d’une équipe libano-francaise de professionnels, notamment Marc-Thomas Charley, réalisateur francais et enseignant à l’IESAV. Gebran Yacoub révèle aujourd’hui ses talents de réalisateur en attendant un premier long-métrage, déjà en court de réalisation : « Beyrouth Chapitre 8 ».

Jehanne Zeidan, Archi 6


Gebran Yaacoub

Extraits du Story Board dessiné par Gebran Yaacoub


ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2005
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