|
Le jardin
de l’U.N.E.S.C.O, à Byblos, accueillait du 3 au 20 août
dernier des sculptures de Gulène Der Boghossian,
enseignante à l’Ecole des Arts Plastiques de l’ALBA. Un
bel écrin végétal pour des oeuvres qui sont le fruit de
recherches appliquées, marquées par un traitement
moderne de la matière, où domine le thème de la femme.
Les dix-neuf
sculptures exposées par Gulène Der Boghossian
traduisaient plusieurs courants unifiés par un style
marqué par une technique personnelle toute en
sensualité : notre regard est emporté par l’envol du
marbre et le rythme de cette danse anime nos sentiments
si bien que telle sculpture abstraite, fine et élégante,
nous évoque une jeune danseuse en pleine extase.
D’autres sculptures, laissées à l’état d’ébauche où se
perçoit l’empreinte des doigts de l’artiste, sont
traitées avec vigueur pour mettre en relief le caractère
du corps et l’ardeur des sentiments.
La femme source de
vie
Fidèle au modèle, Gulène sculpte le
corps de la femme en valorisant ses formes avec
perfection et en se fiant aux détails les plus
minutieux. Pourquoi ce thème omniprésent dans le travail
de Guléne ? Parce qu’elle y voit le symbole de la terre
et de la fertilité. C’est à travers ce corps que
l’enfant arrive au monde et c’est la mère en elle qui
guide son chemin et qui lui offre une vie. Cet amour,
ces sentiments - la passion comme la douleur - la femme
les dévoile avec spontanéité. Cette image de la femme
fascine Guléne et, en sculpeur passionné, elle ne cesse
de nous transmettre sa ferveur par ses œuvres. Des
oeuvres devant lesquelles on s’arrête - même pour un
instant - et on retient son souffle devant leur
sensibilité et leur créativité.
Chaque artiste a un message à
transmettre. Et la parole n’étanche pas toujours le
besoin de s’exprimer, de s’identifier. Alors, les doigts
s’attaquent à ce défi, en toute liberté. « Ce qu’elle
apporte à travers sa production, c’est un goût de
liberté correspondant aux aspirations de l’époque »,
écrit d’elle Nicole Harfouche. Le tête-à-tête avec les
sculptures de Gulène der Boghossian change notre vision
de la femme, celle d’une déesse aux traits humains.
Serena Abi
Chebel, AP 2 |