Novembre 2005 / No.6
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Vu pour vous : Les jardins de l’U.N.E.S.C.O rehaussés de sculptures en bronze

Le jardin de l’U.N.E.S.C.O, à Byblos, accueillait du 3 au 20 août dernier des sculptures de Gulène Der Boghossian, enseignante à l’Ecole des Arts Plastiques de l’ALBA. Un bel écrin végétal pour des oeuvres qui sont le fruit de recherches appliquées, marquées par un traitement moderne de la matière, où domine le thème de la femme.

Les dix-neuf sculptures exposées par Gulène Der Boghossian traduisaient plusieurs courants unifiés par un style marqué par une technique personnelle toute en sensualité : notre regard est emporté par l’envol du marbre et le rythme de cette danse anime nos sentiments si bien que telle sculpture abstraite, fine et élégante, nous évoque une jeune danseuse en pleine extase. D’autres sculptures, laissées à l’état d’ébauche où se perçoit l’empreinte des doigts de l’artiste, sont traitées avec vigueur pour mettre en relief le caractère du corps et l’ardeur des sentiments.

La femme source de vie

Fidèle au modèle, Gulène sculpte le corps de la femme en valorisant ses formes avec perfection et en se fiant aux détails les plus minutieux. Pourquoi ce thème omniprésent dans le travail de Guléne ? Parce qu’elle y voit le symbole de la terre et de la fertilité. C’est à travers ce corps que l’enfant arrive au monde et c’est la mère en elle qui guide son chemin et qui lui offre une vie. Cet amour, ces sentiments - la passion comme la douleur - la femme les dévoile avec spontanéité. Cette image de la femme fascine Guléne et, en sculpeur passionné, elle ne cesse de nous transmettre sa ferveur par ses œuvres. Des oeuvres devant lesquelles on s’arrête - même pour un instant - et on retient son souffle devant leur sensibilité et leur créativité.

Chaque artiste a un message à transmettre. Et la parole n’étanche pas toujours le besoin de s’exprimer, de s’identifier. Alors, les doigts s’attaquent à ce défi, en toute liberté. « Ce qu’elle apporte à travers sa production, c’est un goût de liberté correspondant aux aspirations de l’époque », écrit d’elle Nicole Harfouche. Le tête-à-tête avec les sculptures de Gulène der Boghossian change notre vision de la femme, celle d’une déesse aux traits humains.

Serena Abi Chebel, AP 2


GULENE DER BOGHOSSIAN EN QUELQUES LIGNES

« Gulène a atteint la pointe des sommets de l’art infini » (cité par l’artiste-peintre Youssef Maroun).

Dès son enfance, le regard de Gulène s’est attardé sur les oeuvres artistiques avant qu’elle ne le réalise vraiment : l’art serait au cœur de sa vie. Petite fille, entourée par les livres d’art et par les tableaux réalisés par son frère, grand peintre contemporain, Gulène les dévorait avec ses yeux et son esprit. Elle s’est ensuite consacré à la sculpture et fut diplômée de l’Institut des Beaux-Arts de l’Université Libanaise en 1974.

Mais sa formation dans le domaine de la sculpture ne s’est jamais  arrêtée : ses études achevées, elle s’envola à Paris pour suivre un stage à l’atelier du célèbre sculpteur Bourdelle dont elle fut l’assistante durant plusieurs mois. Elle garde de ce séjour  non pas une leçon écrite en quelques lignes, mais une  façon de voir. Et elle ne cesse d’apprendre de cette rencontre, découvrant encore dans son travail l’influence de Bourdelle.

Sculpture de Gulène Der Boghossian
Sculpture de Gulène Der Boghossian


ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2005
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