| Véritable
« compilation » de plusieurs festivals internationaux
fameux à l'étranger, le Festival International de Film et
Vidéo de Création (F.I.F.V.C.), initié par un
enseignant de l'ALBA, a tenu sa seconde édition du 2 au 5 mars
derniers. Avec une large place faite aux œuvres libanaises
puisqu'était représenté le Festival du Film
Libanais, mais aussi de nombreuses vidéos des étudiants
en Arts Plastiques lors d'une soirée spéciale.
C'est donc au cinéma Empire Sofil que s'est tenue la
seconde édition de ce festival qui conjugait conférences
et séances de projection. Ces quatre soirées de
projections, spécialement sélectionnées par notre
enseignant spécialisé en art vidéo, Ricardo
Mbarak, ont donc régalé nos yeux et nos oreilles. Chaque
festival invité ne présentait pas uniquement des
vidéos de son pays car le critère de sélection de
chaque programmation n'est pas la nationalité des auteurs de
vidéos mais la démarche esthétique de chaque film.
Questionner notre civilisation moderne
De même, les conférences qui les
précédaient chaque jour, données par des
professionnels du domaine, furent loin de ressembler à ces
«speeches » interminables qui font habituellement fuir le
public…Ont pris la parole tantôt des curateurs en charge des
programmations des festivals projetées, tantôt des
artistes renommés. Ils ont abordé d'une façon
générale le contexte de ces courts-métrages, les
thématiques et les enjeux socio-politiques auxquels ces films
expérimentaux font appel, mais aussi les critères
esthétiques auxquels ils répondent et la position de
leurs auteurs par rapport à la société. Eloges ou
réquisitoires face à leur environnement et à la
civilisation moderne… Et en ce qui concerne notre civilisation, il y en
a des choses à critiquer : manque de communication dans les
couples, individualisme, égoïsme… La liste est longue !
Si le point commun entre ces auteurs de vidéos
expérimentales est bien le questionnement socio-politique,
chacun d'entre eux s'exprime personnellement, dans un langage
esthétique qui lui est propre et qui s'appuie sur
différents supports : installations, animations, technologies
digitales… On peut donc parler d'une nouvelle naissance, celle de l'art
numérique qui croît de plus en plus dans notre
société. On parle même d'une « culture
digitale » qui devient la langue maternelle, voire la religion de
ces artistes par delà les frontières.
Sophie Armache, AP 1
Les sélections du Festival
Le « Festival du film Libanais »
« Transmediales » (Allemagne)
« Xeno _Tech » (Pays-Bas)
Le « Festival du Film de Pesaro » (Italie)
+ une sélection de vidéos réalisées par des
étu-diants en Arts Plastiques de l'ALBA :
Ziad ABILLAMA, « Drugs and Nature »
Dans cette vidéo, on ne pense pas que la guerre libanaise est un
phénomène naturel…
Ziad ABILLAMA, « Elna et Elissa »
Cette vidéo met en parallèle, au sein de la
société libanaise actuelle, l'avis d'un citoyen, la
perception socio-musicale à travers la chanteuse Elissa et la
perception socio-historique à travers la société
de fabrication artisanale « Elna ».
Hiba DAROUB, « (Dés)Attachement »
Cette vidéo montre, à la façon des rêves et
des métaphores, le vécu d'une séparation et d'une
rencontre. A travers des images icônes et des symboles
détournés, cette vidéo devient en elle-même,
par identification, une séparation et une rencontre.
Ali KAYS, « Nothing matters »
Mohammad abandonne sa passion pour la musique, sa soeur, ses deux amis
Hélmi et Taoufic, la Faculté d'Architecture, sa
mère désespérée, et plus tard Marie, son
premier amour… Il quitte tout, obsédé par l'idée
qu'il a un devoir de combativité dans la société.
Charbel CHAMOUN, « Takassim »
Cette vidéo se veut un traitement sonore et visuel
expérimental de la situation socio-politique du Liban, où
les manifestations créent une ambiance hypnotique par
excellence.
|