Mars 2006 / No.7
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Carte blanche à… Deux diplômés en Architecture

Jad Ghostine, « Mémorial de la guerre »


Ce projet de mémorial a été conçu à partir d’un bâtiment ancien, bien connu des beyrouthins : la maison Barakat. J’ai choisi cet édifice pour trois raisons principales : d’abord, sa position géographique (sur l’ancienne ligne de démarcation – ou « ligne verte ») ; ensuite sa façade qui reste à ce jour détruite et donc encore imprégnée par la guerre ; enfin, ce bâtiment débouche dans la rue Monot, une ruelle qui fut reconstruite de façon anarchique après la guerre.  La morphologie de ce bâtiment comporte deux divisions :
<>- une division verticale :

1) Deux phases de construction : la facade avant fut édifiée en 1924 par l’architecte Cozah, puis la façade arrière fut construite en 1934 par l’architecte Aftimos.

 2) A partir de 1975, sa vocation militaire fut exploitée du coté de la rue de Damas tandis que le   coté donnant sur la rue Monot était consacré au repos.

- une division horizontale :

1) Commerce au RDC et habitation en superstructure.

2) Après 1975, de par sa position stratégique, un bunker en béton armé y fut construit au premier étage.

Le nouveau bâtiment, selon le projet « Red line » 
Trois raisons m’ont mené à nommer ce projet de mémorial « Red line ». En premier lieu, le rouge évoque volontairement le sang qui fut versé en essayant de traverser la ligne de démarcation. En second lieu, cette couleur évoque celle du crayon utilisé pour la censure des articles et des écrits parus durant la guerre. Enfin, le ligne rouge est la seule intervention faite dans l’ancien bâtiment en guise de parcours pour les visiteurs.    Le concept architectural du projet reprend le principe des deux divisions : 

- une division verticale : l’ancien bâtiment et le nouveau sont reliés par le volume de la bibliothèque (qui symbolise la mémoire et constitue ainsi un lien entre le passé et le présent). De même, j’ai voulu apporter une différence de traitement entre la façade avant (rue de Damas) et la façade arrière (rue Monot).

- une division horizontale avec une séparation entre l’espace réservé aux expositions temporaires au rez-de-chaussée et celui dévolu à l’exposition permanente en étage.

Jad Ghostine, diplômé en Architecture

Raya Matta, LA MAISON SWATCH
Au delà d’une simple mission marketing, le  but de « la Maison Swatch » est de participer à la vie artistique et sociale du pays, en proposant une diversité de fonctions culturelles et de loisirs. Elle comporte également des ateliers de création et de conception de nouveaux modèles de la marque, tout comme les ateliers de New York et de Milan.
La montre Swatch étant réputée pour la simplicité et la transparence de son mécanisme, minimaliste, et cependant très performant, il n’était pas concevable d’opter pour une volumétrie compliquée ou organique.

Le volume est constitué donc de trois majeurs éléments :

-          Un cube, entièrement vitré et ouvert à la rue, contenant les fonctions accessibles au public à travers une passerelle survolant un plan d’eau : on y trouve un musée, une galerie d’art, un restaurant, une boutique, un Swatch club…Cette façade transparente sert de vitrine à la marque dont le souhait majeur est d’être accessible à tous, contrairement à l’image plus introvertie des marques concurrentes.  Ce volume est traité avec rigueur et simplicité (comme le mécanisme de la montre), tout en structure métallique tramée  et verre.

-          Un volume entièrement revêtu d’une peau métallique perforée, contenant l’ensemble des bureaux et autres fonctions administratives, toutes liées à la gérance du projet.

-          Un cylindre, qui sert de « charnière » entre les deux volumes cités ci-dessus, et qui abrite, dans sa partie basse, une plateforme hydraulique de circulation verticale du public, et dans sa partie haute, une sculpture du mécanisme de la montre éclaté (perceptible de la plateforme même), ainsi que les fonctions phares des locaux administratifs.

La composition du projet pourrait donc rappeler la structure basique de la montre : un cadran (vitrine de la montre, entièrement transparent), monté sur un boitier contenant la majeure partie du mécanisme (généralement métallique et opaque), avec comme élément commun, le pivot central, liant l’intérieur du boitier au cadran, et se terminant par les aiguilles.

Le souci principal était de retranscrire les idées directrices de la marque:

-         
la transparence du produit et de sa fabrication (structure nette, matériaux légers, gaines apparentes,..)

-         
un but culturel et artistique (musée, galerie, ateliers,.)
-         
ouverture au public (accessiblitié de la façade du bâtiment)


Jad Ghostine et son projet


Raya Matta et son projet




ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2006
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