Jad
Ghostine, « Mémorial de la guerre »
Ce projet de
mémorial a été conçu à partir d’un
bâtiment ancien, bien
connu des beyrouthins : la maison Barakat. J’ai choisi cet
édifice pour
trois raisons principales : d’abord, sa
position
géographique (sur l’ancienne ligne de démarcation – ou
« ligne
verte ») ; ensuite sa façade qui reste à
ce jour détruite et donc
encore imprégnée par la guerre ; enfin, ce
bâtiment débouche dans la rue
Monot, une ruelle qui fut reconstruite de façon anarchique après
la
guerre. La
morphologie de ce bâtiment comporte deux
divisions : <>- une
division verticale :
1)
Deux phases de construction : la facade avant fut
édifiée en 1924 par
l’architecte Cozah, puis la façade arrière fut construite
en 1934 par
l’architecte Aftimos.>
2) A partir de 1975, sa vocation
militaire fut exploitée du coté de la rue de Damas tandis
que le coté donnant sur la
rue Monot était consacré
au repos.
- une
division
horizontale :
1)
Commerce au RDC et habitation en superstructure.
2)
Après 1975, de par sa position stratégique, un bunker en
béton armé y fut
construit au premier étage.
Le nouveau
bâtiment, selon le
projet « Red line »
Trois raisons
m’ont mené à nommer ce projet
de mémorial « Red line ». En premier lieu,
le rouge évoque
volontairement le sang qui fut versé en essayant de traverser la
ligne de
démarcation. En second lieu, cette couleur évoque celle
du crayon utilisé pour
la censure des articles et des écrits parus durant la guerre.
Enfin, le ligne
rouge est la seule intervention faite dans l’ancien bâtiment en
guise de
parcours pour les visiteurs.
Le concept
architectural du projet
reprend le principe des deux divisions :
- une division verticale : l’ancien
bâtiment et le nouveau sont reliés par le volume de la
bibliothèque (qui
symbolise la mémoire et constitue ainsi un lien entre le
passé et le présent).
De même, j’ai voulu apporter une différence de traitement
entre la façade avant
(rue de Damas) et la façade arrière (rue Monot).
- une
division
horizontale avec une séparation entre l’espace
réservé aux expositions
temporaires au rez-de-chaussée et celui dévolu à
l’exposition permanente en
étage.
Jad
Ghostine,
diplômé en Architecture
Raya Matta, LA MAISON
SWATCH
Au delà d’une simple mission marketing, le but
de « la Maison Swatch » est de
participer à la vie artistique et sociale du pays, en proposant
une diversité
de fonctions culturelles et de loisirs. Elle comporte également
des ateliers de
création et de conception de nouveaux modèles de la
marque, tout comme les
ateliers de New York et de Milan.
La montre Swatch étant réputée pour la
simplicité
et la transparence de son mécanisme, minimaliste, et cependant
très performant,
il n’était pas concevable d’opter pour une volumétrie
compliquée ou organique.
Le volume est
constitué donc de trois majeurs
éléments :
-
Un cube,
entièrement vitré et ouvert à la rue,
contenant les fonctions accessibles au public à travers une
passerelle survolant
un plan d’eau : on y trouve un musée, une galerie d’art, un
restaurant,
une boutique, un Swatch club…Cette façade transparente sert de
vitrine à la
marque dont le souhait majeur est d’être accessible à
tous, contrairement à
l’image plus introvertie des marques concurrentes.
Ce volume est traité avec rigueur
et
simplicité (comme le mécanisme de la montre), tout en
structure métallique
tramée et verre.
-
Un volume
entièrement revêtu d’une peau métallique
perforée, contenant l’ensemble des bureaux et autres fonctions
administratives,
toutes liées à la gérance du projet.
-
Un cylindre, qui
sert de « charnière »
entre les deux volumes cités ci-dessus, et qui abrite, dans sa
partie basse,
une plateforme hydraulique de circulation verticale du public, et dans
sa
partie haute, une sculpture du mécanisme de la montre
éclaté (perceptible de la
plateforme même), ainsi que les fonctions phares des locaux
administratifs.
La composition du projet
pourrait donc rappeler la
structure basique de la montre : un cadran (vitrine de la montre,
entièrement transparent), monté sur un boitier contenant
la majeure partie du
mécanisme (généralement métallique et
opaque), avec comme élément commun, le
pivot central, liant l’intérieur du boitier au cadran, et se
terminant par les aiguilles.
Le souci principal
était de retranscrire les idées
directrices de la marque:
-
la transparence
du produit et de sa fabrication
(structure nette, matériaux légers, gaines apparentes,..)
-
un but culturel
et artistique (musée, galerie,
ateliers,.)
-
ouverture au
public (accessiblitié de la façade du
bâtiment) |