| Badih Massaad, un
premier court-métrage reconnu internationalement
« Badkoun shi…t ? », ou le parcours sans faute
d’un court-métrage, simple projet de diplôme en
Audiovisuel qui n’en finit pas depuis de récolter les honneurs !
Sitôt obtenu son Master en Réalisation Audiovisuelle
à l’ALBA en 2005, Badih Massaad a été
sélectionné à trois reprises pour participer
à différentes compétitions internationales autour
du court-métrage, et non des moindres. Après le Festival
« Né à Beyrouth » en août et le «
Festival du film Européen » en décembre (où
son court-métrage de 17 mn a obtenu le Prix Spécial du
Jury), c’est en France que « Badkoun shi…t ? » a obtenu les
faveurs des professionnels. Au « Festival International du
court-métrage » de Clermont-Ferrand, fin janvier, le film
de Badih fut la seule oeuvre libanaise à avoir été
retenue au sein d’une programmation de vingt-trois
courts-métrages au total.
« Badkoun shi…t ? », c’est une chronique
réaliste de la vie quotidienne de la jeunesse libanaise qui vit
au jour le jour, sans projet précis, mais traitée sur le
ton de la comédie. « Moi, le cinéma, je suis
tombé dedans quand j’étais petit ! », nous explique
Badih. En effet, ayant grandi dans une famille de cinéphiles, en
toute logique, son objectif professionnel a toujours été
de raconter des histoires à l’aide d’une caméra. Et fort
de ce premier succès, Badih Massaad s’est d’ores et
déjà lancé dans l’écriture d’un autre film,
avec le rêve de parvenir à conjuguer durant son futur
parcours professionnel écriture et réalisation. «
J’ai une vision polyvalente de ce métier et j’entends bien y
arriver ». Souhaitons-lui bonne chance.
Daniel Georges, papa d’un « Little Phenician
»
Voilà un diplômé en Architecture de
l’ALBA (promotion 2002) qui a fait du chemin ! Après avoir fait
ses premières armes dans un cabinet, il décide rapidement
de fonder sa propre agence, « Minus 5 architects » ainsi
qu’une autre, intitulée « Peephole » (judas).
Pourquoi avoir choisi un tel titre ? « Parce que je cherche
à exploiter la curiosité d’autrui ! ». Et
voilà Daniel en route vers une autre aventure parallèle
dans le cadre de cette agence : celle d’un petit personnage
étrange - « Little Phoenician » - tout droit sorti
de son imagination…
« Architecte, je suis aussi un passionné de BD,
explique-t-il, et j’aime créer des personnages dans la tradition
des héros américains. C’est ce qui m’a poussé
à imaginer un personnage qui serait emblématique du
Liban, une mascotte en quelque sorte. Et le petit phénicien
m’est venu naturellement à l’esprit puisque les
phéniciens sont nos ancêtres lointains ». Ce sont
les événements du printemps 2005 qui ont poussé
Daniel à mettre cette mascotte sur le marché « tout
simplement parce qu’elle porte un message d’espoir et d’unité
nationale. Elle symbolise à mes yeux le Liban tout entier, sans
exclure personne ».
Ce projet, totalement indépendant et monté par
Daniel avec ses fonds personnels, connaît déjà un
réel engouement commercial. Et les perspectives à venir
sont variées, depuis l’utilisation du personnage dans des contes
pour enfant jusqu’à un dessin animé. Et, pourquoi pas,
une bande dessinée à vocation éducative ou
sociale, « pour lui donner une mission dans notre
société ». « Little Phoenician », la
preuve que l’on peut parvenir seul à mettre en pratique un
projet initialement utopique…
Tony Chakar, “A window to the world”
Architecte de formation et enseignant en histoire de l’art
à l’ALBA, Tony Chakar est un artiste aux multiples facettes.
Dans le cadre du Forum « Home works III », un
évènement organisé par l’association libanaise des
Arts Plastiques Ashkal Alwan à la galerie Sfeir-Semler du 17 au
24 Novembre derniers, il a eu l’opportunité de présenter
au public son œuvre - “A window to the world” – en compagnie d’autres
artistes internationaux, tels que Renaud Auguste-Dormeuil, Hashem El
Madani, Rana El Nemr, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Shirana
Shabazi, Yang Zhenzhong…
“A window to the world”, c’est la phrase clef
énoncée par Alberti, architecte de la Renaissance, qui
définit l’espace de la perspective. Cette œuvre évoque le
cas d’une femme qui vient d’acheter un nouvel appartement et qui se
retrouve confrontée à la vision bornée d’un
architecte, lequel lui décrit sa future maison à partir
de dessins architecturaux totalement insignifiants. Et c’est à
partir de cet épisode que Tony Chakar critique et
démantèle notre vision du monde et la passivité de
notre regard. Une critique qui s’adresse toutefois en priorité
aux architectes, lesquels sont après tout les
spécialistes en la matière…
Tony met ainsi le doigt sur la différence entre la
vision des deux personnes, la différente perception de l’espace
par cette femme étrangère au mode de
représentation architecturale qui trouve aberrant de
représenter un espace sur du papier… Est donc soulevé le
problème du mode de représentation, que Tony remet
lui-même en question dans l’exécution de son œuvre :
celle-ci se compose de huit panneaux et d’une vidéo
projetée sur la surface horizontale d’une table. Les panneaux
sont imprimés en « blue print », une technique
utilisée pour les dessins architecturaux, mais à la place
des dessins figure un texte occupant la totalité de la planche.
A travers ce texte, Tony dénonce les failles d’un système
de pensée rationnel, qui naquit à la Renaissance, prenant
forme dans l’invention de la perspective où tout est
confiné dans un espace scientifique et où l’homme devient
un sujet dans un espace aliénant. Il en résulte une perte
des valeurs et de la sensibilité humaine. Conjuguant cela avec
la réalité Libanaise, Tony nous incite par son œuvre
à voir notre quotidien sous un nouvel angle plus critique.
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