Juin 2006 / No.8
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Projet : Le point sur l'atelier de Beyrouth

Déjà évoqué dans notre numéro de novembre, l’Atelier-Beyrouth, fruit du partenariat récent entre l’Ecole d’Architecture de l’ALBA et l’Ecole d’Architecture de Paris-Belleville, a mobilisé tout au long de l’année une vingtaine d’étudiants et d’enseignants. Après d’autres villes du Moyen-Orient comme Istanbul ou Le Caire, ce fut donc le tour de Beyrouth de faire l’objet de recherches inédites.

Les objectifs fixés pour cet atelier créé dans le cadre du IIIème cycle de l’E.A.P.B., « Ville, Architecture, Patrimoine du Maghreb et du Proche-Orient », consistent à concevoir des propositions de projets opérationnels axés sur la protection, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine en prenant compte des dynamiques de développement urbain. L’Atelier-Beyrouth réunissant douze étudiants en architecture de l’ALBA et six étudiants de l’E.A.P.B a été encadré par une équipe enseignante mixte, composée de Fadi Chiniara et Bachir Moujaes pour l’ALBA et de Serge Santelli, Nadine Daou et Isabelle Maramotti pour l’E.A.P.B.

L’Atelier-Beyrouth, qui s’étendra sur trois années universitaires, a pris naissance en novembre 2005. Cette première année était découpée en trois phases : la première étant une phase de recherche et de sensibilisation au site, la deuxième étant analytique, la troisième consistant à élaborer des propositions. Il a été décidé que les quartiers cernant le centre ville de Beyrouth constitueraient la base de cette étude encore inédite à ce jour. Et c’est le secteur de Gemmayzé qui a été choisi à l’unanimité pour cette première année au vu du danger imminent représenté par les promoteurs immobiliers. Cet atelier de recherches fut donc consacré à l’analyse, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine architectural de ce quartier. Dans ce but, la phase de recherche a porté sur tout ce qui concerne le secteur de Gemmayzé en terme d’histoire urbaine et de typologies architecturales à valeur patrimoniale, mais aussi en terme de législation étant données les menaces qu’elle laisse peser sur le patrimoine libanais.

La phase analytique s’est, elle, portée sur la décomposition du tissu urbain mais aussi sur un relevé de certains bâtiments que nous avons jugés intéressants. Cette deuxième phase avait été préparée en collaboration directe avec les universitaires français qui avaient déjà entamé une recherche typo- morphologique sur Beyrouth et y avaient séjourné de la mi-mars à la mi avril. Cette phase a été clôturée par une conférence de presse et une exposition de notre travail (commun et individuel) dans la Salle Polyvalente de l’ALBA, ce qui a permis une large couverture médiatique libanaise.

La parfaite collaboration entre nos deux écoles, au niveau des étudiants ou des enseignants, a contribué à la réussite du projet. Une collaboration facilitée par la langue bien sûr, mais aussi par le fait que les étudiants de Belleville sont majoritairement orientaux eux aussi, avec notamment un libanais, deux algériens et deux tunisiens, ce qui nous a permis de mieux connaître d’autres cultures proches de la nôtre bien que chacune garde ses spécificités. De la condition universelle de la jeunesse qui doit quitter ses racines, ses parents et ses amis pour poursuivre au loin ses études !

Regards croisés
Nous sommes sortis très enrichis par cette expérience partagée avec d’autres étudiants en architecture que l’on appréhendait un peu, ne sachant pas à quoi s’attendre. Ce qui était encore plus intéressant, c’est que le groupe venant de l’E.A.P.B. n’était pas uniquement formé d’architectes, mais aussi d’une historienne (Julie) et d’un ethnologue (Malik). Et il était très pertinent de voir leur perception de la notion du patrimoine car ils considéraient les choses d’un point de vue très humaniste : pour eux, les perceptions des gens, leur besoins et leurs envies vis-à-vis de leur quartier ont bien plus de valeur qu’un « amas de pierre » représentant la mémoire d’un pays et d’une culture.

C’est ainsi que nous avons abordé la troisième phase du projet - la plus importante mais aussi la plus intéressante - celle des propositions d’aménagement urbain, de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine. Elle prendra forme à Paris par un nouveau workshop commun aux deux écoles qui sera clôturé par une exposition à la fin de notre séjour aux Ecuries de Versailles. Un événement puisqu’y sera présenté la totalité de notre travail depuis le mois de novembre jusqu’au mois de juin.

Pour conclure, le quartier de Gemmayzé c’est beaucoup plus que ce que la célèbre rue Gouraud nous permet de voir, c’est un quartier très riche sur le plan architectural mais aussi d’un point de vue urbain, un quartier qui a des qualités d’espace qu’on ne trouve que là-bas. Impossible de vous les décrire, il faut les expérimenter soi-même et pour cela, il suffit juste d’être un peu curieux…

Elza Cordahi, Archi 5



Douze étudiants de l’Ecole d’Architecture de l’ALBA ont pris part au projet : Georgio Abou-Suleau, Elsa Cordahi, Hray Der Kevorkian, Jennifer El-Hajj, Rony Haddad, Joanne Hennaoui, Tracy Karam, Edgard Kourieh, Dya Lamah, Marwan Matta, Salam Slim et Lama Trad. Six étudiants de l’E.A.P.B y ont également participé : Shehrazade Abdoun Chouli, Imen Bouassida, Charbel Challita, Julie Couvray, Malik Filah et Issam Kharrat.



ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2006
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