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évoqué dans notre numéro de novembre,
l’Atelier-Beyrouth, fruit du partenariat récent entre l’Ecole
d’Architecture de l’ALBA et l’Ecole d’Architecture de Paris-Belleville,
a mobilisé tout au long de l’année une vingtaine
d’étudiants et d’enseignants. Après d’autres villes du
Moyen-Orient comme Istanbul ou Le Caire, ce fut donc le tour de
Beyrouth de faire l’objet de recherches inédites.
Les objectifs fixés pour cet atelier
créé dans le cadre du IIIème cycle de l’E.A.P.B.,
« Ville, Architecture, Patrimoine du Maghreb et du Proche-Orient
», consistent à concevoir des propositions de projets
opérationnels axés sur la protection, la sauvegarde et la
mise en valeur du patrimoine en prenant compte des dynamiques de
développement urbain. L’Atelier-Beyrouth réunissant douze
étudiants en architecture de l’ALBA et six étudiants de
l’E.A.P.B a été encadré par une équipe
enseignante mixte, composée de Fadi Chiniara et Bachir Moujaes
pour l’ALBA et de Serge Santelli, Nadine Daou et Isabelle Maramotti
pour l’E.A.P.B.
L’Atelier-Beyrouth, qui s’étendra sur trois
années universitaires, a pris naissance en novembre 2005. Cette
première année était découpée en
trois phases : la première étant une phase de recherche
et de sensibilisation au site, la deuxième étant
analytique, la troisième consistant à élaborer des
propositions. Il a été décidé que les
quartiers cernant le centre ville de Beyrouth constitueraient la base
de cette étude encore inédite à ce jour. Et c’est
le secteur de Gemmayzé qui a été choisi à
l’unanimité pour cette première année au vu du
danger imminent représenté par les promoteurs
immobiliers. Cet atelier de recherches fut donc consacré
à l’analyse, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine
architectural de ce quartier. Dans ce but, la phase de recherche a
porté sur tout ce qui concerne le secteur de Gemmayzé en
terme d’histoire urbaine et de typologies architecturales à
valeur patrimoniale, mais aussi en terme de législation
étant données les menaces qu’elle laisse peser sur le
patrimoine libanais.
La phase analytique s’est, elle, portée sur la
décomposition du tissu urbain mais aussi sur un relevé de
certains bâtiments que nous avons jugés
intéressants. Cette deuxième phase avait
été préparée en collaboration directe avec
les universitaires français qui avaient déjà
entamé une recherche typo- morphologique sur Beyrouth et y
avaient séjourné de la mi-mars à la mi avril.
Cette phase a été clôturée par une
conférence de presse et une exposition de notre travail (commun
et individuel) dans la Salle Polyvalente de l’ALBA, ce qui a permis une
large couverture médiatique libanaise.
La parfaite collaboration entre nos deux écoles, au
niveau des étudiants ou des enseignants, a contribué
à la réussite du projet. Une collaboration
facilitée par la langue bien sûr, mais aussi par le fait
que les étudiants de Belleville sont majoritairement orientaux
eux aussi, avec notamment un libanais, deux algériens et deux
tunisiens, ce qui nous a permis de mieux connaître d’autres
cultures proches de la nôtre bien que chacune garde ses
spécificités. De la condition universelle de la jeunesse
qui doit quitter ses racines, ses parents et ses amis pour poursuivre
au loin ses études !
Regards croisés
Nous sommes sortis très enrichis par
cette expérience partagée avec d’autres étudiants
en architecture que l’on appréhendait un peu, ne sachant pas
à quoi s’attendre. Ce qui était encore plus
intéressant, c’est que le groupe venant de l’E.A.P.B.
n’était pas uniquement formé d’architectes, mais aussi
d’une historienne (Julie) et d’un ethnologue (Malik). Et il
était très pertinent de voir leur perception de la notion
du patrimoine car ils considéraient les choses d’un point de vue
très humaniste : pour eux, les perceptions des gens, leur
besoins et leurs envies vis-à-vis de leur quartier ont bien plus
de valeur qu’un « amas de pierre » représentant la
mémoire d’un pays et d’une culture.
C’est ainsi que nous avons abordé la troisième
phase du projet - la plus importante mais aussi la plus
intéressante - celle des propositions d’aménagement
urbain, de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine. Elle prendra
forme à Paris par un nouveau workshop commun aux deux
écoles qui sera clôturé par une exposition à
la fin de notre séjour aux Ecuries de Versailles. Un
événement puisqu’y sera présenté la
totalité de notre travail depuis le mois de novembre jusqu’au
mois de juin.
Pour conclure, le quartier de Gemmayzé c’est beaucoup
plus que ce que la célèbre rue Gouraud nous permet de
voir, c’est un quartier très riche sur le plan architectural
mais aussi d’un point de vue urbain, un quartier qui a des
qualités d’espace qu’on ne trouve que là-bas. Impossible
de vous les décrire, il faut les expérimenter
soi-même et pour cela, il suffit juste d’être un peu
curieux…
Elza Cordahi, Archi 5
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