Juin 2006 / No.8
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Portrait : May Arida, la grande dame du Festival de Baalbeck

Le Festival International de Baalbeck est considéré comme l’événement culturel incontournable du Moyen-Orient. Chaque été, les ruines des Temples de Bacchus et de Jupiter voient défiler les plus grandes personnalités de la musique, de la danse et du théâtre - et ceci depuis cinquante ans. Mais si cette manifestation est possible, c’est grâce à l’acharnement et à l’énergie de cette grande dame qu’est May Arida. Portrait.

Présidente du Comite du Festival de Baalbeck depuis 1972, May Arida est aujourd’hui l’une des femmes les plus respectées du Liban. Un personnage presque mythique qui impressionne tous ceux qui ont l’occasion de la côtoyer. En effet, parmi tous les témoignages que nous avons récoltés, les propos élogieux ne faisaient que se multiplier et se rejoindre.

Elle a rencontré et accueilli les artistes les plus prestigieux du monde et, grâce à son professionnalisme et à son dévouement, le Festival contribue toujours au développement de la culture au Liban. Acharnée, sérieuse, perfectionniste, serviable et autoritaire, c’est en fait la présidente idéale qui travaille sans relâche pour parvenir à réaliser ses buts. Femme de caractère, elle marque souvent les personnes qui la rencontrent : ainsi, Mirna Boustany m’avoua que Mme Arida était la plus belle femme qu’elle ait jamais rencontré. Selon elle, « Baalbeck appartient à May tout simplement parce que Mme Arida est elle-même une déesse romaine, telles Aphrodite ou Diane, et qu’elle ne fait que revenir chez elle dans le temple de ses ancêtres. Je n’oublierai jamais une apparition de May aux cheveux blonds dans une robe turquoise parmi les ruines romaines avec l’attitude et la grâce d’une déesse. Les superlatifs ne sont pas suffisants pour la décrire car elle est plus qu’extraordinaire ». Mirna Boustany releva aussi son sens très prononcé de l’humour et s’attarda longuement sur la simplicité et la facilité d’adaptation de cette dernière. Pour m’avouer finalement qu’elle était simplement fière de connaître May et qu’elle ne cesserait jamais de l’admirer !

L’âme même du Festival
Interrogée à son tour, la journaliste May Menassa établit une association directe entre May Arida et Baalbeck : « aussi loin que portent mes souvenirs vers ce passé glorieux des festivals de Baalbeck, c’est son visage qui m’apparaît rivalisant de beauté avec la Lune ». Elle loua aussi la fidélité de cette dame qui, durant l’arrêt du festival pendant la guerre civile, attendait calmement et ne se résignant jamais. Elle finit ses propos en attribuant la gloire actuelle du festival à la sincérité, la passion et la foi de cette dame qui « a défié l’impossible pour que les Temples de Baalbeck scintillent à nouveau de leur splendeur ».

Quant à Joe Letayf, enseignant à l’ALBA et grand ami de Mme Arida, il me répondit qu’elle était l’âme même du Festival de Baalbeck. Selon lui, c’est une femme brillante, intelligente et très efficace. Il me conta quelques anecdotes qu’il connaissait, parmi lesquelles un petit incident avec le grand pianiste Richter qui, lors de sa visite au Liban, refusa de s’adresser à la presse. May Arida s’appliqua alors à lui servir assez de vodka pour qu’il aille de lui-même vers les journalistes.

Finalement, ce fut au tour de notre directeur, Georges Haddad, de nous livrer son témoignage : « je respecte énormément ce personnage étant donné qu’elle est la Présidente du seul comité non politisé et non confessionnel, un comité uniquement dédié à la culture ». D’après lui, May Arida serait « la plus belle figure du monde culturel actuel ». Mais surtout, il tenait à la remercier, elle et tout le bureau de la Direction Générale des Antiquités pour leur coopération et leur foi en l’ALBA et en ses étudiants. « Elle permet à notre jeunesse non seulement de voir de plus près ces merveilleuses reliques historiques que sont les temples mais elle leur permet aussi de côtoyer des gens nouveaux », insistant sur la cordialité et l’hospitalité des habitants de la région.

Diala Lteif, A. I. 2

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Portrait : Joumana Youssevitch
Les riches heures de Baalbeck

Sur le alba.edu :
Le site internet du spectacle



May Arida, une femme? Un mythe!
Il est impossible de trouver un plus éloquent symbole de la beauté physique, autant que de la beauté dans l'esprit et l'âme. Beauté aussi dans la dévotion au service des Beaux-Arts, plutôt au culte du Beau.
Ayant été lié d'amitié depuis notre très jeune âge, j'ai vu May grandir, toujours soucieuse de se dépasser.
A la manière de certaines déesses mythologiques de l'Antiquité, sa vie, sa carrière au service des arts étaient une sorte de défi, de combat constant avec – me faut-il dire: contre? – le temps et ses tourmentes.
Un combat qu'elle sut personnaliser en le portant à l'échelle "festivale":
Baalbeck, que ne fait-on pour servir tes dieux! Baal, mais aussi, peut-être surtout, Vénus.

Ghassan Tuéni

May Arida en compagnie d'Herbert von Karajan


ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2006
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