Juin 2006 / No.8
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Avant-première : Spectacle à Baalbeck, les préparatifs

Chaque année, dans le cadre du Festival de Baalbeck, un opéra est choisi par l’équipe enseignante de l’ALBA pour le spectacle de fin d’année. Les étudiants des classes de Pub 2 et A.I. 2 s’appliquent alors à en représenter les différents personnages par un média déterminé, qui peut être une marionnette à fils, une ombre chinoise, un grand masque, etc. Mais cette année est un peu spéciale… Le Festival de Baalbeck célèbrant son 50ème anniversaire et l’ALBA fêtant son 20ème spectacle, il nous fallait absolument innover !

Dans un premier temps, tout le monde était d’accord pour introduire de la nouveauté cette année mais personne ne savait exactement quoi ! Nos patrons commencèrent donc d’abord par distribuer des textes évoquant tous les spectacles successifs du Festival de Baalbeck, autours desquels différents projets furent proposés : les architectes d’intérieur ont imaginé des espaces tandis que les étudiants en pub ont rempli les locaux de l’Académie d’affiches. Ensuite vint la phase de création des personnages : à chaque élève correspondait un artiste célèbre s’étant produit sur la scène du Temple de Bacchus ; les étudiants des deux classes s’appliquèrent alors à produire des stylisations de ces illustres personnages.

C’est alors que les chemins des deux classes se séparèrent... Les étudiants de pub ont sélectionné des verbes qu’ils ont représenté, chacun avec sa propre vision : par exemple pour Éliane, le verbe « tourner » évoquait une sorte de machine infernale, tandis que Léa s’est amusée à « reprendre » inlassablement la construction d’un château de cartes géantes, que Tallal « s’arracha » la peau cruellement, et que – à l’émerveillement de tous - Rosa Maria « créa » un monolithe blanc qui flotte en défiant toutes les lois de la gravité. Pendant ce temps, la classe des A.I. 2 se sont attachés à représenter les personnalités qui se sont produites à Baalbeck par un nouveau média, baptisé par nos patrons « structure enveloppe ». Sous les mains habiles de nos architectes en herbe, ces fameux artistes ont ainsi pris des proportions exagérées et des formes inattendues ! C’est ainsi par exemple que le chanteur Wadih el Saffi s’est transformé en une sorte de grenouille rétractable grâce au talent de Joe tandis que Stéphanie transformait le grand danseur Alvin Ailey en une araignée ou que la tragédienne Maria Casarès prenait l’aspect d’un robot aux milles facettes grâce à une invention de Delphine. Et ainsi de suite. Quant à moi, je me suis amusée à suspendre le chorégraphe Rudolph Noureev par une structure s’élevant au dessus de ma tête.

Cogitation et tractations…
Oui, mais… nous n’avions toujours pas de thème général ni de plan de travail pour créer un spectacle complet ! Nos patrons lancèrent alors le thème « Cinquante ans de lumière ». Commença alors pour les étudiants de pub un travail acharné pour concevoir affiches, tracts et pochettes tout en gardant en tête une interdiction formelle : celle de représenter le moindre symbole de Baalbeck. Pendant ce temps, notre prof de musique Joe Lteif a décidé de prendre les choses en mains en concevant une compilation musicale qui servirait de base de travail pour le spectacle. Suivit alors pour nos patrons une phase de réflexion. Quatre jours pendant lesquels les patrons ont essayé de trouver LE fil directeur du spectacle.

Et le moment tant attendu arriva enfin ! Une réunion fut fixée pour les 64 étudiants des deux classes. L’un de nos patrons, Pierre Hage Boutros, commença par nous proposer le fruit de leur réflexion. Une liste des chansons du spectacle fut distribuée. Pierre nous décrivit sa vision des choses en s’arrêtant sur chaque scène pour annoncer le nom de « l’heureux élu » qui verrait son projet défiler sur les marches de Baalbeck. Le tout accompagné par la fanfare des étudiants qui tantôt s’exclamaient de joie, tantôt montraient leur désaccord total ! Dix titres, représentant les dix scènes prévues, furent inscrits au tableau et les débats commencèrent afin de nous diviser en groupes. Exactement ce qu’il fallait pour préparer l’entrée majestueuse de notre nouveau protagoniste, Joe Lteif, qui finit par prendre le dessus afin de trouver un compromis car nul ne voulait se séparer de ses amis...

Perdus mais enthousiastes…
Mais ce n’était qu’un début car, quatre jours plus tard débutaient les préparatifs effectifs du spectacle. Ainsi, le lundi 22 mai, tout le monde se présenta à l’amphithéâtre pour la séance d’écoute collective de la bande musicale et, une fois la séance achevée, nos patrons nous accordèrent une dernière heure de pause-déjeuner en risquant une blague (« ce sera votre dernier repos effectif ! »). Mais pas de temps à perdre ! Une heure plus tard, rencontre générale dans l’atelier : distribution des tâches, explications rapides sous le regard ébahi des étudiants. Les patrons nous abandonnèrent là à notre travail, un peu paumés mais toujours enthousiastes…

Ainsi commencèrent nos deux semaines exclusivement consacrées aux préparatifs du spectacle. A chaque groupe était confiée une scène particulière qu’il devait entièrement imaginer et les patrons étaient là pour nous guider et nous conseiller. Pendant ces quatorze jours, nous avons eu beaucoup de bons moments, d’éclats de rire et surtout de nouvelles amitiés. Entraide mutuelle, énergie positive, échanges intéressants… tout s’annonçait assez bien. Chacun avait trouvé son propre rythme, commencer tôt le matin ou dormir le jour pour veiller la nuit, tout le monde s’y estmis de bon cœur. Des préparatifs que nous clôturés en partageant un verre avec deux de nos patrons dans un restaurant à Clémenceau, en se donnant rendez-vous pour le 21 Juin, mais cette fois-ci sur le site de Baalbeck !

Diala Lteif, A.I. 2

Dans la même rubrique :
L'éditorial
Portrait : Joumana Youssevitch
Portrait : May Arida, la grande dame du Festival de Baalbeck
Les riches heures de Baalbeck

Sur le alba.edu :
Le site internet du spectacle



concentration

étrange cloison

je ne m'en sors plus!

jusqu'à la terrasse!

Grégory Buchakjian, « le spectacle 2006 n’est pas un spectacle comme les autres »

Membre de l’équipe enseignante qui encadre les étudiants pour le spectacle de fin d’année, Grégory Buchakjian nous en dévoile les grandes lignes en avant-première.

Une heure trente de spectacle à imaginer en l’espace de quelques semaines, c’est à chaque fois un défi ; mais pour les 50 ans du Festival de Baalbeck, nous devions préparer quelque chose de vraiment spécial. Le site est inchangé depuis trois ans, c’est-à-dire le Temple de Bacchus. Comme en 2004, le gros du spectacle se déroulera sur les marches du temple et les spectateurs s’installeront sur la pelouse devant ; mais cette fois, l’espace intérieur sera davantage utilisé. Autre nouveauté, il a été demandé à la journaliste du quotidien « An Nahar », May Menassa, d’écrire vingt textes retraçant les grands moments du festival tandis que Joe Lteif, professeur de musique à l’ALBA, concoctait la bande-son composée de dix morceaux qui définissaient les dix scènes successives du spectacle. Le déroulement suivra un ordre chronologique et thématique. L’une des étudiantes, Christelle Hallal, a ensuite réalisé à l’aquarelle le story-board du spectacle.

Comme chaque année, dès le mois de xxx, trois ateliers sont mobilisés pour la préparation du spectacle de fin d’année : un atelier d’Architecture Intérieure dirigé par Joumana Youssevitch, et deux ateliers de Publicité - l’un dirigé par Pierre Hage Boutros et Catherine Ariss, l’autre par Aurore Beaini et Tania Zahar. Et deux nouveaux enseignants sont venus apporter leurs talents : Nadim Asfar pour le volet photographie et Marc Baroud pour le volet design.

Alors que pour les éditions précédentes, un seul média artistique était imposé aux étudiants, cette fois-ci les techniques ont été laissées au libre choix des étudiants. Beaucoup d’objets sont hybrides, certains éléments du décor serviront également de personnages, etc.




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