| Comment raconter
l’histoire d’un lieu qui porte en lui une histoire remontant à
la nuit des temps et qui, en même temps, propose chaque
été au public l’histoire de toutes les civilisations du
monde ? Peut-être faudrait-il commencer par un regret : celui de
n’avoir pas assisté au Festival du temps de la splendeur de mon
pays… Cet article sera donc dédié à ceux, qui
comme moi, n’étaient pas nés pour la savourer. Je les
invite à découvrir l’histoire du Festival International
de Baalbeck.
Le Festival International de Baalbeck a fait ses premier pas
en 1955, dans le but de promouvoir le tourisme et la culture libanaise.
Il consiste alors en de simples activités culturelles au sein de
l’acropole romaine. Mais c’est en 1956 que le Comité
d’Organisation du Festival est créé, soutenu par Camille
Chamoun, le Président de la République de
l’époque. Le Festival commence alors à prendre forme et,
cette année-là, trois représentations se
dérouleront dans les temples de Baalbeck parmi lesquelles le
« Jules César » de Shakespeare. Deux ans plus tard,
le nombre de représentations à Baalbeck avait
déjà doublé et, très vite, le Festival a
étendu sa renommé hors de nos frontières. Salwa
Es-Said, première présidente du Festival, affirme qu’au
début des années 70 le nombre de propositions d’artistes
qu’ils recevaient était tel qu’ils avaient du mal à
sélectionner les participants. En moins de vingt ans, le
Festival International de Baalbeck s’était donc fait une place
de choix dans tous les agendas culturels du monde.
Les plus grands artistes mondiaux ont défilé
sur les scènes des Temples de Bacchus et de Jupiter. Chanteurs,
danseurs, acteurs et musiciens aimaient se produire dans ce nouvel
Orient qui les acclamait chaque année plus chaleureusement. Nos
grands-parents ont donc eu la chance d’assister aux plus prestigieuse
représentations de l’histoire artistique contemporaine : ils ont
vu tour à tour des magiciens de la danse tels que Maurice
Béjart, Alwin Nikolaï, Margot Fonteyn et Rudolf Noureev,
des rois du Jazz comme Dizzy Gillepsie, Charles Mingus, Miles Davis et
la fabuleuse Ella Fitzgerald. Sans oublier les plus grands orchestres
qui donnèrent des représentations exceptionnelles :
l’Orchestre Philharmonique de Berlin, dirigé par Herbert Von
Karajan, en 1968 ou, en 1969, l’Orchestre de Leipzig qui accompagnait
Rostropovitch au violoncelle et Richter au Piano, ou encore, en 1973,
l’Orchestre de chambre Jean-François Paillard avec le
flûtiste Jean- Pierre Rampal. Mais Baalbeck a aussi abrité
les voix des plus grandes cantatrices, comme Elisabeth Schwarzkopf, Oum
Koulsoum, qui envoûta la scène en 1966 et 1968, et
Fairouz, notre diva libanaise qui interpréta des pièces
spécialement composées pour elle par les frères
Rahbani. Enfin, Baalbeck a aussi accueilli les plus grands acteurs. Il
faudrait citer « The Traverse Theatre Company » qui
présenta « Mourning Becomes Electra » de
Eugène O’Neil dirigé par Gordon MC Douglas en 1968 et le
« Prospect Theatre » qui vint en 1973 représenter
« The Royal Hunt of the Sun » de Shakespeare avec pour
directeur de scène Tobey Robertson.
Une « pause » forcée de… 22 ans
Ainsi, de 1956 à 1974, le Festival International de Baalbeck a
vraiment connu ses heures de gloire ; mais en 1975 la guerre civile
libanaise éclate, empêchant le Comité de poursuivre
son activité. Un arrêt de 22 cruelles années
jusqu’en 1997, où Festival reprend ses habitudes dans un sursaut
d’énergie. Les grands artistes n’avaient pas oublié les
saveurs de la scène de Baalbeck et plusieurs d’entre eux
revinrent pour des représentations « d’après-guerre
» : ainsi, en 1997, Rostropovitch revint en tant que soliste de
l’Orchestre Philharmonique de Radio-France tandis qu’en 2005 Baalbeck
accueillait encore plus chaleureusement Dizzy Gillespie pour un
fabuleux concert de Jazz. Mais le Festival ne s’est pas contenté
de ces souvenirs nostalgiques. Il a d’emblée pris pied dans une
époque nouvelle en invitant les plus grands artistes
contemporains : les chanteurs Charles Aznavour, Johnny Hallyday, June
Anderson et Sting ; les musiciens de jazz Anouar Brahem en 2000 et
2001, Ahmad Jamal en 2003 et dans un style moderne, en 1999, Vanessa
Mae. A cette longue liste il faut ajouter les artistes libanais tels
que Fadia El-Hage, Charbel Rouhanna, Rafic Ali Ahmad et Marcel
Khalifé.
Cette année, le Festival International de Baalbek
fête son cinquantième anniversaire. Il annonce
déjà un programme haut en couleurs et prévoit la
venue d’environ 40.000 spectateurs, un nombre spectaculaire qu’il
atteint fièrement chaque année désormais. Ce
rendez-vous est l’exemple vivant de la splendeur de notre pays.
Malgré une pause longue de 22 ans, il demeure
l’événement culturel majeur du Moyen-Orient maintenant
ainsi le Liban dans la liste des pays culturels et touristiques les
plus convoités.
Pour clôre cet article, j’aimerais lancer un appel
à tous ceux qui ont raté les plus belles prestations
artistiques de l’histoire pour qu’ils rejoignent la grande famille de
Baalbeck en venant se produire à leur tour sur notre sol.
Diala Lteif, A.I. 2
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Sur le alba.edu :
Le site internet du spectacle
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