| Depuis onze ans, elle
participe activement aux préparatifs du spectacle de fin
d’année. Difficile d’ignorer son caractère bien
trempé qui cache des trésors d’écoute et de
pédagogie. Nous avons voulu en savoir plus sur Joumana…
« J’ai les défauts de mes qualités : je
suis perfectionniste, exigeante avec moi comme avec les autres
même si j’ai appris à mettre de l’eau dans mon vin au fil
des années. En fait, je me donne à 300% dans tous les
domaines de ma vie ! Mais la rançon, c’est que je suis une
perpétuelle angoissée… »
Douze ans qu’elle est revenue s’installer au Liban,
après un long séjour parisien où elle s’est
brillamment formée à l’Architecture Intérieure
(elle est sortie Major de sa promotion dans la prestigieuse
école Met de Penninghen) avant d’enchaîner les contrats.
« Un an après mon retour à Beyrouth, j’étais
sollicitée par l’ALBA pour venir y enseigner au sein de l’Ecole
des Arts Décoratifs. Il faut croire que ma réputation
m’avait précédée ! »
Si le spectacle des étudiants de fin de premier cycle
fête cette année sa vingtième édition, cela
fait tout de même onze que Joumana s’y implique avec passion.
D’abord sous la direction de la regrettée Jackie Achkar («
sa disparition en 2004 a été un coup terrible pour nous
tous car elle portait véritablement ce projet de spectacle
qu’elle avait créé », évoque-t-elle), puis
désormais en duo avec Pierre Hage-Boutros et une troupe d’autres
enseignants en Pub et A.I. « Sur ce projet, je fais un peu office
de chef d’orchestre et je sers de guide aux étudiants : je les
écoute, je les stimule, je les engueule aussi parfois car je
veux qu’ils apprennent à puiser dans leur volonté ! Mais
surtout, je m’efforce de leur laisser beaucoup de marge de maneuvre. En
fait, explique Joumana, ce spectacle c’est LE projet différent
car c’est une excellente formation au travail en équipe, au
respect d’un délai précis, mais aussi au rapport au
public car, après tout plus tard, le client c’est ton public !
»
« Ce spectacle, c’est un défi renouvelé
chaque année car il nous permet à tous de nous prouver
que « quand on veut, on peut ». A tous les étudiants
qui y participent, je répète qu’ils doivent apprendre
à faire la balance entre ce qu’ils peuvent faire, ce qu’ils
doivent faire et ce qu’ils veulent faire. C’est d’ailleurs un exercice
qu’ils devront ensuite appliquer tout au long de leur carrière.
Au service du spectacle, je mets aussi mon regard de professionnel sur
la gestion de l’espace scénique et j’apprendsaussi aux
étudiants à réfléchir sur l’usage des
objets, leur solidité, etc.»
Que lui apporte l’enseignement à l’ALBA ? «
C’est ma bouffée d’oxygène par rapport à mon
métier car l’enseignement c’est un échange permanent
», s’exclame aussitôt Joumana. En effet, Joumana n’a jamais
vraiment arrêté d’exercer l’architecture intérieure
(« je continue d’être sollicitée par mes anciens
clients pour lesquels je travaille comme consultante sur leurs nouveaux
chantiers, soit de construction soit de réaménagement
»).
Paméla Khoury, A.I. 2
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Sur le alba.edu :
Le site internet du spectacle
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