Juin 2006 / No.8
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Portrait :  Joumana Youssevitch

Depuis onze ans, elle participe activement aux préparatifs du spectacle de fin d’année. Difficile d’ignorer son caractère bien trempé qui cache des trésors d’écoute et de pédagogie. Nous avons voulu en savoir plus sur Joumana…

« J’ai les défauts de mes qualités : je suis perfectionniste, exigeante avec moi comme avec les autres même si j’ai appris à mettre de l’eau dans mon vin au fil des années. En fait, je me donne à 300% dans tous les domaines de ma vie ! Mais la rançon, c’est que je suis une perpétuelle angoissée… »

Douze ans qu’elle est revenue s’installer au Liban, après un long séjour parisien où elle s’est brillamment formée à l’Architecture Intérieure (elle est sortie Major de sa promotion dans la prestigieuse école Met de Penninghen) avant d’enchaîner les contrats. « Un an après mon retour à Beyrouth, j’étais sollicitée par l’ALBA pour venir y enseigner au sein de l’Ecole des Arts Décoratifs. Il faut croire que ma réputation m’avait précédée ! »

Si le spectacle des étudiants de fin de premier cycle fête cette année sa vingtième édition, cela fait tout de même onze que Joumana s’y implique avec passion. D’abord sous la direction de la regrettée Jackie Achkar (« sa disparition en 2004 a été un coup terrible pour nous tous car elle portait véritablement ce projet de spectacle qu’elle avait créé », évoque-t-elle), puis désormais en duo avec Pierre Hage-Boutros et une troupe d’autres enseignants en Pub et A.I. « Sur ce projet, je fais un peu office de chef d’orchestre et je sers de guide aux étudiants : je les écoute, je les stimule, je les engueule aussi parfois car je veux qu’ils apprennent à puiser dans leur volonté ! Mais surtout, je m’efforce de leur laisser beaucoup de marge de maneuvre. En fait, explique Joumana, ce spectacle c’est LE projet différent car c’est une excellente formation au travail en équipe, au respect d’un délai précis, mais aussi au rapport au public car, après tout plus tard, le client c’est ton public ! »

« Ce spectacle, c’est un défi renouvelé chaque année car il nous permet à tous de nous prouver que « quand on veut, on peut ». A tous les étudiants qui y participent, je répète qu’ils doivent apprendre à faire la balance entre ce qu’ils peuvent faire, ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils veulent faire. C’est d’ailleurs un exercice qu’ils devront ensuite appliquer tout au long de leur carrière. Au service du spectacle, je mets aussi mon regard de professionnel sur la gestion de l’espace scénique et j’apprendsaussi aux étudiants à réfléchir sur l’usage des objets, leur solidité, etc.»

Que lui apporte l’enseignement à l’ALBA ? « C’est ma bouffée d’oxygène par rapport à mon métier car l’enseignement c’est un échange permanent », s’exclame aussitôt Joumana. En effet, Joumana n’a jamais vraiment arrêté d’exercer l’architecture intérieure (« je continue d’être sollicitée par mes anciens clients pour lesquels je travaille comme consultante sur leurs nouveaux chantiers, soit de construction soit de réaménagement »).

Paméla Khoury, A.I. 2

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Sur le alba.edu :
Le site internet du spectacle





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