Juin 2006 / No.8
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Partenariat : L'Ecole Louis Lumière

Louis Lumière… ce nom à lui seul fait rêver. La tête dans les étoiles, on pense à la magie de la photographie et du cinéma. Mais « Louis Lumière », c’est aussi une véritable institution en France dans l’enseignement de ces deux pratiques artistiques. Depuis 2001, l’ALBA a la chance d’être devenue partenaire de l’Ecole Nationale Supérieure du même nom. Présentation.

Deux des Ecoles de l’ALBA (Arts Décoratifs et Cinéma) bénéficient de la convention de partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière et quatre intervenants viennent régulièrement travailler animer dans nos locaux des workshops avec les étudiants : Françoise Denoyelles et Franck Maindon pour le volet photo ; Michèle Borghi et Jean-Louis Berdot pour le volet cinéma. Certains séminaires de photographie ont déjà donné lieu à des expositions et des publications.

En outre, trois étudiants « albayotes » ont déjà pu bénéficier de séjour d’études sur place : Nadim Asfar pour la photographie, Fadi Kassem pour la réalisation cinéma et Myriam Chayeb pour le son. D’ores et déjà, deux nouveaux candidats sont prévus pour y étudier durant l’année 2006-2006 : Gilbert Abou Zeid (documentaire) et Anne-Lise Karam (photo).

Le workshop « Montage », l’art et la manière de faire

Dans le cadre de son partenariat avec l’Ecole de Cinéma de l‘ALBA, l‘Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière a répondu favorablement aux demandes de formation de l’Académie, et ce dans trois domaines : photographie numérique, cinéma documentaire et montage audiovisuel. Michèle Borghi a animé du 28 avril au 5 mai dernier la Master class de montage des projets de documentaires avec les étudiants en AV 4.

L‘objectif est que chaque étudiant en cinéma de quatrième année travaille un sujet de réalisation de documentaire et acquiert une maîtrise relative des techniques de tournage et de montage. Concernant le volet „tournage“, hormis les enseignements fondamentaux dispensés par l‘ALBA, les étudiants ont reçu une préparation au documentaire par Jean-Louis Berdot. Cette étape préalable sur l’écriture est un atout supplémentaire pour aborder la Master class de montage. Les étudiants tournent ensuite leur sujet sans encadrement et travaillent en support DV Cam. Toujours de manière autonome, ils ont ensuite „dérushé“, prémonté ou du moins commencé le travail de réflexion sur le montage de leur sujet.

Fin avril, je suis venue animer le volet « montage ». Cette Master Class doit permettre aux étudiants de se trouver en situation „de monteur“ : ils sont censés comprendre l’importance et la place du montage dans une réalisation et appréhender ce lien fragile qui existe entre réalisateur et monteur. Chaque réalisateur doit savoir travailler avec un monteur pour établir une relation de confiance. Je dirais pour essayer de définir ce travail à deux que le montage est une seconde mise en scène, fidèle à la première, qui doit amener le réalisateur à effectuer „un travail de deuil“. Quant au monteur, il ne peut en aucun cas se substituer au maître d’oeuvre qu’est le réalisateur.

L’encadrement pédagogique a donc conduit à comprendre l’organisation et la construction d’un montage, et le montage est un jeu de patience, ce qui ne va pas de soi lorsqu’on a 20 ans… D’où la nécessité d‘entreprendre les répétitions des corrections jusqu‘à la satisfaction consensuelle des protagonistes. Chaque étudiant a l’obligation de maîtriser les corrections et la contrainte de finir le film. Mais surtout, chaque documentaire doit rester fidèle à la note d’intention et traduire une bonne lisibilité pour une bonne compréhension du public.

Au final, les sujets traités par les étudiants - une famille libanaise, un lieu pour les enfants handicapés, les salles de cinéma pendant la guerre et un architecte très solitaire (le célèbre facteur cheval) - ont été encadrés, corrigés et retravaillés durant six jours. Par la suite, les étudiants ont envoyé un DVD pour correction. Un DVD et un bilan sont en cours de finalisation. Le bilan est plutôt positif puisque j’ai pu noter l‘amélioration de la prise de son au tournage, mais le travail de prémontage doit être réalisé avant l’arrivée de l’intervenant car les étudiants doivent apprendre à respecter la rigueur des plannings ! Enfin, dans l’ensemble la motivation des étudiants fut très forte. Cette expérience a même stimulé un des étudiants de l‘ALBA à postuler à l’école Louis lumière pour suivre un semestre pédagogique pour la rentrée 2006.

Michèle Borghi, Directeur des Etudes
Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière




Michèle Borghi

Mes quinze mois à Louis Lumière

Durant l’été 2001, j’ai tourné mes films de diplôme et je suis sorti Major de ma promotion avec une mention Très Bien, ce qui m’a poussé à faire une spécialisation. Et à l’été 2002 mon dossier a été accepté pour intégrer la deuxième année à l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière,à Paris, vue la qualité de mon court-métrage « Tous pour la patrie » et mon expérience du monde du cinéma au Liban.

C’est quand je suis arrivé à Louis Lumière que j’ai compris à quel point j’étais chanceux ! Plusieurs opportunités m’ont été offertes : bénéficier d’une immersion culturelle et linguistique, découvrir le "charme fou" de Paris, bénéficier d’une pédagogie moderne et dynamique s’appuyant sur la culture contemporaine, mais surtout être immergé dans l’une des plus grandes écoles d’image au monde. Tout en béton gris deux tons, bandeaux de verre et de métal, le bâtiment est imposant. Des passerelles relient deux ailes parallèles, l’une pour les photographes, l’autre pour les chefs opérateurs. Beaucoup de salles de cours, des studios, des labos, des escaliers, des couloirs, une cafétéria… bref, tout est grand.

Pour les tournages, nous avions droit à trois grands studios entièrement équipés en matériel 35 mm et 16 mm. Au début, j’ai eu du mal à m’intégrer parmi les étudiant mais, après le premier tournage d’un court-métrage, j’ai réussi à m’infiltrer dans le système parisien. En fait, j’étais le seul étudiant de la classe à avoir fait cinq ans d’études avant de venir à Louis Lumière, alors dans mes exercices je me basais sur mes connaissances cinématographiques et surtout sur ma maîtrise de la réalisation.

Outre les cours théoriques et pratiques, ce qui m’a semblé important à l’Ecole Louis Lumière, c’était les professeurs car tous étaient connus dans le métier en France et en Europe : Jean-Luc Fournier pour la sensitométrie, Tony Gauthier pour la technologie des matériels de prise de vues…Tous m’ont enseigné non seulement les techniques autour de la pellicule, mais aussi la psychologie de l’image, comment reproduire une idée ou une situation à travers l’image.

Ces quinze mois passés à Louis Lumière furent une phase agréable de ma vie que je n’oublierai jamais.

Fadi Kassem, diplômé en Audiovisuel



ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2006
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