| Louis
Lumière… ce nom à lui seul fait rêver. La
tête dans les étoiles, on pense à la magie de la
photographie et du cinéma. Mais « Louis Lumière
», c’est aussi une véritable institution en France dans
l’enseignement de ces deux pratiques artistiques. Depuis 2001, l’ALBA a
la chance d’être devenue partenaire de l’Ecole Nationale
Supérieure du même nom. Présentation.
Deux des Ecoles de l’ALBA (Arts Décoratifs et
Cinéma) bénéficient de la convention de
partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure Louis
Lumière et quatre intervenants viennent
régulièrement travailler animer dans nos locaux des
workshops avec les étudiants : Françoise Denoyelles et
Franck Maindon pour le volet photo ; Michèle Borghi et
Jean-Louis Berdot pour le volet cinéma. Certains
séminaires de photographie ont déjà donné
lieu à des expositions et des publications.
En outre, trois étudiants « albayotes »
ont déjà pu bénéficier de séjour
d’études sur place : Nadim Asfar pour la photographie, Fadi
Kassem pour la réalisation cinéma et Myriam Chayeb pour
le son. D’ores et déjà, deux nouveaux candidats sont
prévus pour y étudier durant l’année 2006-2006 :
Gilbert Abou Zeid (documentaire) et Anne-Lise Karam (photo).
Le workshop « Montage », l’art et la
manière de faire
Dans le cadre de son partenariat avec l’Ecole de
Cinéma de l‘ALBA, l‘Ecole Nationale Supérieure Louis
Lumière a répondu favorablement aux demandes de formation
de l’Académie, et ce dans trois domaines : photographie
numérique, cinéma documentaire et montage audiovisuel.
Michèle Borghi a animé du 28 avril au 5 mai dernier la
Master class de montage des projets de documentaires avec les
étudiants en AV 4.
L‘objectif est que chaque étudiant en cinéma
de quatrième année travaille un sujet de
réalisation de documentaire et acquiert une maîtrise
relative des techniques de tournage et de montage. Concernant le volet
„tournage“, hormis les enseignements fondamentaux dispensés par
l‘ALBA, les étudiants ont reçu une préparation au
documentaire par Jean-Louis Berdot. Cette étape préalable
sur l’écriture est un atout supplémentaire pour aborder
la Master class de montage. Les étudiants tournent ensuite leur
sujet sans encadrement et travaillent en support DV Cam. Toujours de
manière autonome, ils ont ensuite „dérushé“,
prémonté ou du moins commencé le travail de
réflexion sur le montage de leur sujet.
Fin avril, je suis venue animer le volet « montage
». Cette Master Class doit permettre aux étudiants de se
trouver en situation „de monteur“ : ils sont censés comprendre
l’importance et la place du montage dans une réalisation et
appréhender ce lien fragile qui existe entre réalisateur
et monteur. Chaque réalisateur doit savoir travailler avec un
monteur pour établir une relation de confiance. Je dirais pour
essayer de définir ce travail à deux que le montage est
une seconde mise en scène, fidèle à la
première, qui doit amener le réalisateur à
effectuer „un travail de deuil“. Quant au monteur, il ne peut en aucun
cas se substituer au maître d’oeuvre qu’est le
réalisateur.
L’encadrement pédagogique a donc conduit à
comprendre l’organisation et la construction d’un montage, et le
montage est un jeu de patience, ce qui ne va pas de soi lorsqu’on a 20
ans… D’où la nécessité d‘entreprendre les
répétitions des corrections jusqu‘à la
satisfaction consensuelle des protagonistes. Chaque étudiant a
l’obligation de maîtriser les corrections et la contrainte de
finir le film. Mais surtout, chaque documentaire doit rester
fidèle à la note d’intention et traduire une bonne
lisibilité pour une bonne compréhension du public.
Au final, les sujets traités par les étudiants
- une famille libanaise, un lieu pour les enfants handicapés,
les salles de cinéma pendant la guerre et un architecte
très solitaire (le célèbre facteur cheval) - ont
été encadrés, corrigés et
retravaillés durant six jours. Par la suite, les
étudiants ont envoyé un DVD pour correction. Un DVD et un
bilan sont en cours de finalisation. Le bilan est plutôt positif
puisque j’ai pu noter l‘amélioration de la prise de son au
tournage, mais le travail de prémontage doit être
réalisé avant l’arrivée de l’intervenant car les
étudiants doivent apprendre à respecter la rigueur des
plannings ! Enfin, dans l’ensemble la motivation des étudiants
fut très forte. Cette expérience a même
stimulé un des étudiants de l‘ALBA à postuler
à l’école Louis lumière pour suivre un semestre
pédagogique pour la rentrée 2006.
Michèle Borghi, Directeur des Etudes
Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière
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