Juin 2006 / No.8
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Tout le monde en parle...

Gulène der Boghossian, le « feu sacré » à Tunis

Le feu sacré, tel était le thème imposé de la quatrième « Biennale Méditerranéenne des Arts » organisée par la ville de Tunis, qui se déroule au Palais Kheireddine du 24 mai au 1er juillet. Elle réunit des artistes des deux rives de la Méditerranée, sous l’égide de l’association ECUME (Echanges Culturels en Méditerranée) qui œuvre pour développer les échanges et faire dialoguer les cultures entre les villes du Bassin Méditerranéen*. Chaque artiste invité y expose une œuvre inspirée de cette thématique et spécialement créée pour cette occasion. Un thème qui a beaucoup stimulé les artistes, chacun ayant su le réinterprétrer en fonction de sa personnalité et de sa culture.

Pour représenter le Liban, c’est Gulène der Boghossian, sculpteur émérite et enseignante à l’Ecole des Arts Plastiques de l’ALBA qui a été choisie par la Municipalité de Beyrouth, ainsi que Rethy Tambourgi. « Dans mon œuvre, une composition en bronze intitulée « le feu de la vie », la célébration d’une naissance symbolise le feu de la création, loin des feux de la haine (…) une conquête contre la mort – la vie – qui reprend ses droits en s’échappant des entrailles de la Terre-Mère », explique Gulène. « Le motif central de mon œuvre, c’est donc la naissance tandis qu’autour des danseuses célèbrent cet événement tout en la protègeant car la vie, c’est ce que nous avons de plus cher et de plus fragile. En fait, j’ai interprété la notion de feu de deux façons ; au sens propre du terme, le bronze est à la base un matériau qui résulte du feu et, au sens figuré, une naissance découle des feux de l’amour ». Invitée à venir assister à l’inauguration de la biennale et à séjourner une semaine, Gulène se réjouit d’avoir pu prendre part à cet événement : « ce fut l’occasion pour moi d’échanger avec des artistes venus d’horizons très variés car l’art est un chemin de traverse qui ne connaît pas de frontière ». En Tunisie, Gulène ne s’est pas sentie dépaysée ! « Au contraire, les Tunisiens nous considèrent comme des cousins étant donné que les deux cités de Beyrouth et de Tunis ont été fondées par les Phéniciens ».

* Etaient présents des artistes des villes suivantes : Alger, Athènes, Barcelone, Bordeaux, Buenos Aires, Cologne, Damas Essaouira, Gênes, Istambul, La Valette, Marseille, Sarajevo et Séville.

Joyce Sawma, ambassadrice du Liban en Roumanie

C’est en terre roumaine que Joyce a choisi de s’expatrier. Après avoir obtenu son diplôme d’Arts Plastiques, en 2005, Joyce décide de s’installer à Bucarest pour y enseigner à l’Université. « C’est un vrai plaisir et un honneur pour moi d’être passé de l’autre côté du miroir ! », commente Joyce. Mais son expérience artistique ne s’arrête pas là puisque Joyce expose également son travail sur place. Elle a ainsi été choisie pour prendre part à une exposition internationale à Bucarest. Une vingtaine de pays y étaient représentés, chacun par un stand, tous en lice pour le concours de la meilleure installation.

Le Liban fut donc à l’honneur sur un stand entièrement imaginé et réalisé par Joyce, sous la forme d’une maison traditionnelle peinte en trompe-l’œil, une technique apprise à l’ALBA par Joyce. A l’intérieur de cette maison, des objets d’art et d’artisanat libanais, le tout sur un fond musical égrénant la voix fascinante de Feiruz. Et c’est Joyce qui reçut le Premier Prix. « Mon évocation du Liban et l’originalité du trompe-l’œil ont beaucoup séduit les journalistes roumains, qui m’ont consacré plusieurs articles ! », commente Joyce. « Par ce projet, je me suis prouvée que j’étais une vraie artiste car je suis parvenue à une grande maîtrise de la peinture en trompe-l’œil ». D’ailleurs, les amateurs d’art roumains ne s’y trompent pas puisque Joyce a d’ores et déjà une vingtaine de commandes à honorer d’ici la fin de l’année…



Gulène der Boghossian

Le feu sacré de la vie de Gulène der Boghossian

Joyce Sawma

Joyce Sawma sur le stand du Liban



ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2006
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