| Gulène der
Boghossian, le « feu sacré » à Tunis
Le feu sacré, tel était le thème
imposé de la quatrième « Biennale
Méditerranéenne des Arts » organisée par la
ville de Tunis, qui se déroule au Palais Kheireddine du 24 mai
au 1er juillet. Elle réunit des artistes des deux rives de la
Méditerranée, sous l’égide de l’association ECUME
(Echanges Culturels en Méditerranée) qui œuvre pour
développer les échanges et faire dialoguer les cultures
entre les villes du Bassin Méditerranéen*. Chaque artiste
invité y expose une œuvre inspirée de cette
thématique et spécialement créée pour cette
occasion. Un thème qui a beaucoup stimulé les artistes,
chacun ayant su le réinterprétrer en fonction de sa
personnalité et de sa culture.
Pour représenter le Liban, c’est Gulène der
Boghossian, sculpteur émérite et enseignante à
l’Ecole des Arts Plastiques de l’ALBA qui a été choisie
par la Municipalité de Beyrouth, ainsi que Rethy Tambourgi.
« Dans mon œuvre, une composition en bronze intitulée
« le feu de la vie », la célébration d’une
naissance symbolise le feu de la création, loin des feux de la
haine (…) une conquête contre la mort – la vie – qui reprend ses
droits en s’échappant des entrailles de la Terre-Mère
», explique Gulène. « Le motif central de mon œuvre,
c’est donc la naissance tandis qu’autour des danseuses
célèbrent cet événement tout en la
protègeant car la vie, c’est ce que nous avons de plus cher et
de plus fragile. En fait, j’ai interprété la notion de
feu de deux façons ; au sens propre du terme, le bronze est
à la base un matériau qui résulte du feu et, au
sens figuré, une naissance découle des feux de l’amour
». Invitée à venir assister à l’inauguration
de la biennale et à séjourner une semaine, Gulène
se réjouit d’avoir pu prendre part à cet
événement : « ce fut l’occasion pour moi
d’échanger avec des artistes venus d’horizons très
variés car l’art est un chemin de traverse qui ne connaît
pas de frontière ». En Tunisie, Gulène ne s’est pas
sentie dépaysée ! « Au contraire, les Tunisiens
nous considèrent comme des cousins étant donné que
les deux cités de Beyrouth et de Tunis ont été
fondées par les Phéniciens ».
* Etaient présents des artistes des villes
suivantes : Alger, Athènes, Barcelone, Bordeaux, Buenos Aires,
Cologne, Damas Essaouira, Gênes, Istambul, La Valette, Marseille,
Sarajevo et Séville.
Joyce Sawma, ambassadrice du Liban en Roumanie
C’est en terre roumaine que Joyce a choisi de s’expatrier.
Après avoir obtenu son diplôme d’Arts Plastiques, en 2005,
Joyce décide de s’installer à Bucarest pour y enseigner
à l’Université. « C’est un vrai plaisir et un
honneur pour moi d’être passé de l’autre côté
du miroir ! », commente Joyce. Mais son expérience
artistique ne s’arrête pas là puisque Joyce expose
également son travail sur place. Elle a ainsi été
choisie pour prendre part à une exposition internationale
à Bucarest. Une vingtaine de pays y étaient
représentés, chacun par un stand, tous en lice pour le
concours de la meilleure installation.
Le Liban fut donc à l’honneur sur un stand
entièrement imaginé et réalisé par Joyce,
sous la forme d’une maison traditionnelle peinte en trompe-l’œil, une
technique apprise à l’ALBA par Joyce. A l’intérieur de
cette maison, des objets d’art et d’artisanat libanais, le tout sur un
fond musical égrénant la voix fascinante de Feiruz. Et
c’est Joyce qui reçut le Premier Prix. « Mon
évocation du Liban et l’originalité du trompe-l’œil ont
beaucoup séduit les journalistes roumains, qui m’ont
consacré plusieurs articles ! », commente Joyce. «
Par ce projet, je me suis prouvée que j’étais une vraie
artiste car je suis parvenue à une grande maîtrise de la
peinture en trompe-l’œil ». D’ailleurs, les amateurs d’art
roumains ne s’y trompent pas puisque Joyce a d’ores et
déjà une vingtaine de commandes à honorer d’ici la
fin de l’année…
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