Juillet 2008 / No. 9
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Formation : Patrimoine religieux du Liban ; un nouveau cours en archi

Une route, un pont une décharge.. une station d’essence, un terminal d’oléoduc, une centrale électrique… ceci est loin d’être le site d’églises paléochrétiennes datant des IV et VI siècles. Pourtant c’est la réalité et cela se passe chez nous à Khaldé à deux pas de la capitale et à Zahrani à quelques kilomètres au sud de Saida. Une route, un pont une décharge.. une station d’essence, un terminal d’oléoduc, une centrale électrique… ceci est loin d’être le site d’églises paléochrétiennes datant des IV et VI siècles. Pourtant c’est la réalité et cela se passe chez nous à Khaldé à deux pas de la capitale et à Zahrani à quelques kilomètres au sud de Saida.

En mai 1950, les travaux d’excavation pour la construction du terminal de l’oléoduc de la Tapline qui relie les gisements de pétrole de Zahran en Arabie Saoudite à Zahrani sur la cote libanaise a permis de découvrir une extraordinaire mosaïque qui s’est avérée être le site d’une église paléochrétienne qui sera connue sous le nom d’Eglise de Zahrani.

Toujours en mai 1959 cette fois ci et lors des travaux d’ouverture de l’autoroute du sud au niveau du village de Khaldé, une autre mosaïque a été découverte et a conduit à la découverte de l’église dite de « Khaldé ».

Qu’en est-il advenu de ces deux églises ?

Peu de gens savent qu’elles ont été déplacées dans des « jardins publics » de la capitale. Celle de Zahrani occupe actuellement une partie du jardin des jésuites à Achrafieh, l’autre, celle de Khaldé, se trouve derrière les colonnes du monument du soldat inconnu, dans le jardin en face du Musée National.

Les seules études sérieuses de ces deux églises ont été menées par la D.G.A (Direction Générale des Antiquités) et par Pauline Donceel - voûte (mosaïque) et depuis rien n’a été fait.

Il suffit de voir l’état de l’église de Khaldé pour comprendre comment on s’intéresse et on sauvegarde notre patrimoine.

Ces deux exemples qui font l’objet d’une étude analytique et d’essai de restitution pour les étudiants de la 4ème année architecture à l’Alba dans le cadre du cours de patrimoine religieux en orient sous la direction de l’architecte Elie Abi Nassif chargé du cours, ne sont qu’une infime partie de notre riche héritage architectural lié étroitement à la culture à l’histoire mouvementée de la région et aux différents courants théologiques.

Le travail des deux groupes d’étudiants s’est reparti sur plusieurs sous groupes de travail.
Le premier s’est occupé de la documentation historique, un autre du relevé et des photos, un troisième du dessin ; plan, coupes, façades et perspectives en 3D.
Le couronnement de ce travail sera deux maquettes à grande échelle ouvrable et montrant les différents éléments architecturaux, structuraux et décoratifs.

Les influences des typologies de l’époque, des modes de construction des styles décoratifs (mosaïque, fresques..) se font sentir dans ces construction, et cela est tout à fait normal puisque la cote phénicienne faisait partie du Monde Byzantin et les différents courants circulaient librement.

Ainsi on voit une même typologie architecturale, dans la construction des églises (type basilical à trois nefs), avec abside apparente et chœur à chancel.

Les mêmes motifs décoratifs dans les pavements en mosaïque des sols. (Zahrani, Khaldé Ghiné, Deir el Kalaa, Qabr Hiram, Majdalzoun, Chiim au Liban et celles de Taybet el Imam et Antioche en Syrie, la Gallilée en Palestine, Gérasa, Maadaba, Petra en Jordanie.

L’étude finale des deux églises de Zahrani et de Khaldé fera l’objet d’une publication et d’une exposition in situ.

Elie Abi Nassif


Emplacement actuel de l'église de Zahrani

Mosaique de la basilique de Chim

Emplacement actuel de l'église de Khaldé


ACADEMIE LIBANAISE DES BEAUX-ARTS - UNIVERSITE DE BALAMAND 2008
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