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Alexis Boutros a longtemps rêvé de créer
une institution qui donnerait à la jeunesse libanaise la
possibilité d’épanouir ses dons artistiques. Sa
volonté inébranlable est le point de départ de
l’aventure, née en 1937 sous le nom d’Association des Musiciens
Amateurs (AMA), et qui s’est développée par la suite pour
devenir l’Académie Libanaise des Beaux-Arts, première
Institution Nationale pour l’Enseignement Supérieur au Liban.
Passionné par la musique, excellent violoncelliste
lui-même, cet ingénieur efficace et ambitieux met sur pied
un orchestre et une chorale composés d’amateurs, dont il est le
chef d’orchestre: cet ensemble se produira au Liban et dans les pays
avoisinants, acclamé par un public sans cesse plus nombreux et
enthousiaste. Sur sa lancée, Alexis Boutros élargit
encore le champ de ses ambitions et, en 1943, au moment où le
Liban cherche à unir tous ses fils sous une même
bannière afin d’obtenir, puis de sceller son
indépendance, il fonde une Ecole d’Art, dont il estime qu’elle
peut et doit jouer un rôle très important, et devenir l’un
des creusets de l’unité nationale. Pour Alexis Boutros, il
s’agit «d’une révolution culturelle qui a montré
aux libanais leurs responsabilités et leurs
possibilités…» L’Alba est née: dès 1944,
elle est reconnue d’utilité publique, ses diplômes sont
décernés par le Ministère de l’Education
Nationale. Alexis Boutros dirigera l’Alba jusqu'à sa mort, en
Décembre 1979: ce visionnaire, dont la ténacité et
l’intelligence ne peuvent qu’être soulignées, a sans aucun
doute été pris pour exemple par l’Etat Libanais,
lancé quelques années plus tard dans le grand chantier de
l’édification de l’Université Libanaise.
Après la mort d’Alexis Boutros en 1979, c’est Georges Haddad,
qui a été son bras droit et fidèle second durant
de longues années, qui reprend le flambeau. Pendant 30 ans, et
jusqu'à sa mort en décembre 2009, Georges Haddad dirige
l’Alba et lui consacre sa vie. Sous sa houlette, l’Alba de
développe et accueille en son sein de nouvelles écoles,
sections et institut : la section Arts Graphiques et Publicité
au sein de l’Ecole des Arts Décoratifs nait en 1979, puis
s’étoffe au fil du temps pour comprendre de nouvelles
filières diplômantes, telles que l’animation 2D3D,
l’illustration/BD, le multimédia et la photographie. L’Ecole de
Cinéma et de Réalisation audiovisuelle voit le jour en
1987, l’Institut d’Urbanisme est créé en 1994, et la
section Design au sein de l’Ecole des Arts Décoratifs est
créée en 1999.
De 1979 à 1990, Georges Haddad fait l’impossible pour ne jamais
fermer l’Alba, en dépit de la situation très difficile
qui prévaut dans le pays. Les cours se donnent dans les
sous-sols du bâtiment de Sin El Fil, les ateliers sont souvent
relocalisés aux domiciles des enseignants…Les corrections
s’effectuent dans des conditions improbables, à la lueur des
bougies, à cause des pannes de courant.
En 1988, l’Alba devient la principale faculté fondatrice de
l’Université de Balamand. Une section de l’Alba ouvre ses portes
sur le campus du Nord, on y enseigne l’architecture, l’architecture
intérieure, le design, et la publicité.
L’amour de Georges Haddad pour la musique en général, et
pour l’opéra en particulier, le conduit à proposer, avec
Jackie Dardaud-Achcar, un exercice pédagogique très
novateur aux étudiants de 2ème année de l’Ecole
des Arts Décoratifs : le montage, par les étudiants, d’un
spectacle de fin d’année, pour représenter des œuvres de
Mozart, Ravel, Purcell et bien d’autres, spectacle inscrit dans le
cursus académique. Cette expérience unique les conduira,
de théâtre en théâtre, jusqu’aux marches du
Temple de Bacchus à Baalbeck, où le spectacle est
proposé tous les ans, depuis 2004, dans le cadre du Festival
International.
Georges Haddad a également beaucoup contribué à
l’élargissement des relations de l’Alba avec des partenaires
internationaux prestigieux. Sous sa direction, de nombreuses
conventions entre l’Alba et des institutions de Beaux-arts à
l’étranger sont signées, instaurant des partenariats
diversifiés et riches, et contribuant ainsi à la
renommée internationale de l’Academie et à son
rayonnement local et international.
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Fondée
il y a plus de soixante ans par Alexis Boutros, l’Académie
Libanaise des Beaux-Arts – ALBA est la première Institution
Nationale pour l’Enseignement Supérieur au Liban. Aux
côtés de la peinture, de l’architecture et de la musique,
on y enseignait également les sciences politiques et
économiques, le droit et les lettres.
Depuis 1959, l’Alba se consacre exclusivement à l’enseignement
des Beaux-Arts.
1937 Un groupe de musiciens,
présidé par Alexis Boutros, fonde l’Association des
Musiciens Amateurs (A.M.A.), placée sous l’égide du
Ministère de l’Education Nationale.
1943 L’A.M.A.
devient l’«Académie Libanaise des Beaux-Arts», qui
comprend une Ecole de Musique, une Ecole d’Architecture et une Ecole de
Peinture.
1944 L’ALBA est
reconnue d’utilité publique par l’Etat et ses diplômes
sont délivrés par le Ministère de l’Education
Nationale.
1955 Création
de l’Ecole des Arts Décoratifs, section Architecture
Intérieure.
1975 Création
de la section d’Arts Graphiques et Publicité au sein de l’Ecole
des Arts Décoratifs.
1987 Création
de l’Ecole de Cinéma et de Réalisation Audiovisuelle.
1988 L’ALBA est
affiliée à l’Université de Balamand.
1994 Création
de l’Institut d’Urbanisme.
1999 Création
de l’option Design Produit au sein de l’Ecole des Arts
Décoratifs.
2004 Transposition
des études en Unités de Valeur selon le système
E.C.T.S.» (European Credit Transfer System) et en accord avec la
réforme dite du «L.M.D.» (Licence / Maîtrise /
Doctorat).
2007 Création de Majal,
Observatoire Académique de la construction et de la
reconstruction, établi au sein de l’Institut d’Urbanisme.
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