Cet ouvrage a été réalisé dans le cadre d’un atelier pluridisciplinaire sous la direction de Poppy Arnold, professeur de dessin et d’illustration, Michèle Standjofsky, professeur de B.D. et Gilbert Hage, professeur de photographie.
les étudiants : Roula Abboud, Youmna Aoun, Muriel Assaf, Yasmina Baz, David Bekhazi, Christiane Boustani, Walid Chehab, Hala Dahrouge, Mikael Habre, Zahira Hamaoui, Marwan Kanaan, Pauline Makari, Wassim Maouad, Christian Matta, Nelly Nehme, Deborah Phares, Pia Rabbat, Milad Rafih, Rita Roukoz, Lina Saad, Sally Tambourgi, Luana el Turk, Darine Zeidan
-S’il te plait, comment naissent les histoires?
-Ça, c’est une bonne question, merci de me l’avoir posée.

Donc, les histoires, les scénarios, ces choses écrites qui vont nous emmener voler sur le dos de l’imagination, comment naissent-elles? (silence songeur).
La création, c’est très mystérieux finalement: elle est la partie émergée, 1/10e je te le rappelle, d’une énorme masse qui a pris la route. Au départ, il y a toujours un élément déclenchant: un son, un regard.

Oui, le regard pour nous, les visuels, c’est essentiel. Par exemple, tu regardes des nuages: “Va-t-il pleuvoir?” Et puis ta pensée glisse, quitte la réalité. Tiens, la tête d’un cheval... Ah C’est devenu un dragon... Ça fait comme une écharpe sous une tête, comme le visage du Petit Prince... Saint-Exupéry devait aimer la proximité des nuages... Etre poète et militaire, est-ce compatible?...
C’est parti, l’histoire s’est mise en marche.
Dans notre cas (une B.D. associant 3 cours) se posait le problème du comment donner le même élément déclenchant à 24 étudiants d’art? Comment rendre compte de ces chemins mystérieux qu’emprunte l’imagination de chacun. Parce que c’est bien cela qui est passionnant: donner à voir toutes ces parties émergées du travail créatif. 

Un lieu comme élément déclenchant? Proposition adoptée. 
Quel lieu?
Il le fallait “inspirant”, vide, vaste, étrange, empli de mémoires, bref, source d’émotions.
Recherches...
Et la savonnerie est venue à notre rencontre, répondant à nos besoins. 
Il y avait là matière à dessin, photos, inspirations en couleurs, en noir et blanc.
La Savonnerie, juste au bord de la mer.
La Savonnerie: un espace ambigu, sorte d’entre-deux comme la B.D. qui n’est pas verbale, ni visuelle, ni même une somme des deux. La Savonnerie, ses immenses locaux ombres et lumières, la rouille, nouveau metteur en scène du métallique, l’architecture devenant abstraite, insensée, étrange, le béton repoussé par des arbres inattendus, l’herbe si verte surgie de la moindre fissure propice.
Les croquis préparatoires et les photos allaient arrêter le fugitif, saisir les jeux de la lumière, rendre compte de la réalité... Déjà, les histoires germent. Il est question maintenant de les faire pousser.

St Ex, s’il te plait, souffle-moi quelque chose à l’oreille...
Poppy
ALBA HOMEPAGE - ECOLE DES ARTS DÉCORATIFS, SECTION DE PUBLICITÉ - ALBA EDITIONS